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| Le Conflit Droits De L'Homme - Souveraineteù Nationale
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Lam Le Trinh / Laâm Leã Trinh |
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Deùclencheùes souvent avec des meùcomptes,
les guerres sont continueùes par erreurs
(Philip Warner)
La guerre entre l
Organisation du Traiteù de l Atlantique Nord ou OTAN (alliance militaire de 19
nations , les EÙtats Unis y compris) et la Reùpublique Feùdeùrale Yougoslave marque un
tournant historique dans les relations inter - eùtats .Elle annonce l aube
dun Nouvel Ordre global. La Guerre Froide s eùtait acheveùe en Novembre 1989
avec la chute du mur de Berlin et l apreøs- guerre s eùtait termineù en
Deùcembre 1991 avec la disparition de l Union Sovieùtique. La crise du Kosovo
cloât une deùcennie ( 1991- 1999) dincertitudes, de deùsordres et de
taâtonnements en matieøre de politique internationale, et esquisse un cadre nouveau pour
le sieøcle qui commence.
La mondialisation eùconomique, qui constitue de loin la dynamique
dominante de notre temps, avait besoin d eâtre compleùteùe par un projet
strateùgique global en matieøre de seùcuriteù. Le conflit du Kosovo fournit l
occasion den dessiner les grands traits. Pour l OTAN , celaø repreùsente un
veùritable saut dans l inconnu , une avnceùe dans un territoire inexploreù qui
reùserve surprises, embucheâs et dangers. Les causes, la conduite et les finaliteùs de
cette guerre , en effet, ne correspondent en rien aø celles qui eùtaient habituelles
dans des conflits de meâme nature.
A Les causes de la guerre en Kosovo.
Prenant preùtextes des
atrociteùs commises au Kosovo par le reùgime de Belgrade, l OTAN a avanceù, comme
causes du conflit, des arguments dordre humanitaire, moral et meâme "
civilisationnel". Le Premier Ministre francais Lionel Jospin na pas heùsiteù
aø deùclarer dans le journal Le Monde du 2.5.1999:" Cest un combat pour la
civilisation." L histoire, la culture et la politique - qui ont eùteù les
motifs de tous les conflits depuis les trois " guerres puniques" entre Rome et
Carthage aux second et troisieøme sieøcles avant Jeùsus Christ deviennent
soudainement des dimensions obsoleøtes. Celaø constitue une reùvolution dordre
militaire, surtout d ordre mental. Au nom de l ingeùrence humanitaire
consideùreùe deùsormais comme moralement supeùrieure aø tout - l OTAN na
pas heùsiteù aø transgresser ù deux interdits majeurs de la politique internationale:
la souveraineteù des EÙtats et les statuts de lOrganisation des Nations Unies
(ONU).
Sous l Ancien Reùgime, la souveraineteù reùsidait dans la
personne du roi "par la graâce de Dieu". Sous l influence des
philosophes des Lumieøres, les Reùvolutions Ameùricaine ( 1776) et Francaise (1789)
comme toutes les deùmocraties depuis, la situent dans le peuple. L article 3 de la
Deùclaration des Droits de l homme et du citoyen dAout 1789 deùclare:" Le
principe de toute souveraineteù reùside essentiellement dans la nation."
Ce principe de souveraineteù autorise un gouvernement aø reùgler ses conflits internes
en fonction de ses propres lois, en dehors de toute immixtion eùtrangeøre. C est
ce principe, vieux de deux sieøcles, qui a voleù en eùclats le 24 Mars passeù. Si
Slobodan Milosevic a eùteù formellement eùlu par voie deùmocratique, il n en
demeure pas moins un despote, inculpeù le 27 Mai devant le Tribunal International de La
Haye pour " crimes de guerre". Or un despote ne tient pas sa leùgitimiteù du
peuple; donc la souveraineteù de son EÙtat n est quun "artifice
leùgal" lui permettant de pratiquer l arbitraire. Une telle souveraineteù ne
meùrite nullement d eâtre respecteùe; encore moins si le dictateur se livre aø
des violations des droits humains ou aø des crimes contre l humaniteù.
Reùcemment, nous avons eùgalement vu que meâme des deùcisisons
souveraines (prises par l ensemble des principales forces politiques de droite et de
gauche) dun pays incontestablement deùmocratique comme le Chili, concernant l
ex- Preùsident Augusto Pinochet , nont pas eùteù respecteùes . Elles nont
pu eùviter l arrestation de lancien dictateur aø Londres et la demande
d extradition vers l Espagne ouø il pourrait eâtre jugeù pour " crimes
contre l humaniteù."
Et la creùation dune Cour Peùnale Internationale (aø laquelle
les EÙtats Unis demeurent hostiles) a pour but de juger les auteurs des crimes contre
l humaniteù, imprescriptibles, et ce indeùpendamment de toute deùcision leùgale
adopteùe par un EÙtat souverain. De surcroit, la mondialisation qui eùlimine les
frontieøres, homogeùneùise les cultures et reùduit les diffeùrences, met eùgalement
aø mal l identiteù et la souveraineteù des EÙtats. Comme le constate l
analyste francais Alain Joxe:" La constitution dune empire universel
(ameùricain) par l extension de l eùconomie de marcheù provoque des
balkanisations libanisations par destruction des preùrogatives
reùgulatrices des EÙtats traditionnels." 1
Ouø reùside deùsormais la souveraineteù d un pays? Va- t-on
vers l instauration , aø l eùchelle planeùtaire et sous l eùgide de
l Occident, de "souveraineteùs limiteùes", semblables aø celles
que voulaient eùtablir, dans les anneùes 60 et 70, Leonid Brejnev et l URSS aø
l eùgard des nations du camp socialiste? Faudra- t-il envisager, dans cet esprit,
la reùsurrection de la vieille figure coloniale du protectorat, comme on l avait
preùvu, en 1991 deùjaø, pour la Somalie, comme on le pratique de fait actuellement en
Bosnie et en Albanie; et comme on veut le faire au Kosovo apreøs la guerre? 2
La souveraineteù est passeùe de Dieu aø la nation, va - t-elle
reùsider deùsormais dans l individu? Va-t-on vers l apparition, apreøs
l EÙtat- nation, de l EÙtat- individu? Chaque individu se voyant reconnaitre
les attributs et les preùrogatives qu avaient jusquaø preùsent les EÙtats?
Probablement, la mondialisation s accommoderait , voire encouragerait, une telle
transformation que les nouvelles technologies de la communication et de l
information rendent techniquement envisageable.
Concernant l ONU, les bombardements contre la Yougoslavie ont
eùteù deùcideùs par l OTAN sans que nulle reùsolution du Conseil de
seùcuriteù les autorise explicitement. C est la premieøre fois que l on
assiste , dans une affaire aussi grave, aø la mise aø l eùcart des Nations Unies,
la seule plate-forme internationale pour la reùsolution de conflits et le maintien de la
paix.
Depuis le deùbut des anneùes 90, de nombreux indices indiquaient que
les EÙtats Unis ne souhaitaient plus voir l ONU jouer leur roâle: non-
renouvellement du mandat de Boutros Boutros- Ghali, remplaceù par le nouveau
seùcreùtaire geùneùral, Kofi Annan, supposeù plus docile aø l eùgard des
theøses de Washington; signature des accords de Dayton sur la Bosnie sous l eùgide
ameùricaine, et non sous celle des Nations Unies; idem pour les accords israelo-
palestiniens de Wye River; deùcision unilateùrale de bombarder l Irak sans
deùcision de l ONU, etc..
En fait, tout indique que les EÙtats Unis ne s accomoderaient
plus des Nations Unies . Dans leur situation actuelle d heùgeùmonie, ils n
acceptent plus d eâtre brideùs par les proceùdures leùgalistes des Nations
unies. Et on s apercoit ainsi que l existence de celles-ci, tout au long de ce
sieøcle (sous la forme d abord de la Socieùteù des Nations) n eùtait pas
due aø une avanceùe civilisationnelle comme on le croyait, mais simplement aø l
existence simultaneùe de puissances d envergure comparable dont aucune ne pouvait,
militairement au moins, l emporter sur les autres. Un tel eùquilibre a eùteù
rompu avec la disparition de l Union sovieùtique et, pour la premieøre fois depuis
deux sieøcles, un pays - une "hyperpuissance" comme la qualifie le
Ministre francais des Affaires Exteùrieures, Hubert Veùdrine domine le monde de
manieøre eùcrasante dans les cinq spheøres essentielles de la puissance: politique,
eùconomique,militaire, technologique et culturelle. Ce pays - les EÙtats Unis - ne voit
pas pourquoi il partagerait ou limiterait son heùgeùmonie alors quil peut l
exercer pleinement sans que nul (pas meâme l ONU) puisse la lui contester.
Effectueùes au nom de l humanitaire, ces deux transgressions
non- respect de la souveraineteù et non- acception du magisteøre des Nations
unies - ne vont pas sans poser quelques probleømes eùpineux. Par exemple: comment
concilier preùoccupation humanitaire et usage de la force? Peut- il y avoir des
bombardements eùthiques, surtout quand de multiples erreurs de tir font des centaines de
victimes civiles? Peut-on parler de " guerre juste" quand la disproportion
militaire et technologique entre les adversaires est abyssale? Au nom de quelle morale la
leùgitime protection des Kosovars doit- elle supposer la destruction des Serbes? Ces
questions hantent la conscience de la plupart des dirigeants sociaux- deùmocrates
(anciens trotskistes, anciens maoistes, anciens communistes, anciens pacifistes...) qui
firent partie de la Love Generation, du Flower Power, qui criaient:" Make love, no
war" en fredonnant des chansons antimilitaristes et sopposeørent
farouchement jadis aø la guerre du Vietnam (une " juste cause" pourtant,
selon les criteøres d aujourd hui...)
Certains dirigeants eùcologistes peinent aø concilier une attitude
rageusement va-ten- guerre et leur discours traditionnel sur la protection de
l environnement.Ils constatent que la guerre en Yougoslavie, comme toute guerre,
est, en soi, une catastrophe eùcologique : destruction des raffineries de peùtrole
chimiques avec deùgagements de nuages toxiques; bombardements d usines chimiques
qui polluent les rivieøres et tuent la faune; lancement de bombes au graphite deùgageant
des poussieøres canceùrigeønes; largage de bombes aø uranium appauvri radioactives;
usage de bombes aø fragmentation qui seøment des centaines d engins assimilables
aø des mines antipersonnel (les EÙtats Unis ayant refuseù de signer le Traiteù d
Ottawa qui en interdit l usage); deùlestage dans l Adriatique de bombes
activeùes qui menacent les peâcheurs..etc..
D autres se demandent pourquoi, au nom de l ingeùrence
humanitaire, l OTAN n intervient pas dans d autres pays en faveur de
populations en deùtresse. Par exemple: au Soudan Sud, en Sierra Leone, au Liberia, en
Angola, au Timor- Oriental, au Tibet, etc..D'autres encore constatent que
l'humanitaire n'eùchappe pas, parfois, au principe des deux poids, deux mesures .
Ainsi, s agissant de l Irak que les EÙtats Unis et le Royaume - Uni
continuent de bombarder quotidiennement, sans mandat international - la France, la Russie
et la Chine sont favorables , au nom de l humanitaire, aø une leveùe de l
embargo deùcideùe par les Nations unies , mais les deux autres membres permanents du
Conseil de seùcuriteù- EÙtats Unis et Royaume Uni- sy opposent
systeùmatiquement, et ce malgreù le fait que cet embargo ait deùjaø causeù,
directement ou indirectement, depuis 1991, la mort de centaines de milliers de civils...
Enfin, sur le droit dingeùrence humanitaire, d
aucuns remarquent qu il ne devrait pas eâtre seulement un droit du plus fort. Mais
comment les faibles pourraient-ils user d un tel droit? Imagine t- on, par exemple,
tel pays africain intervenant, au nom de ce droit d ingeùrence, dans tel EÙtat
ameùricain pour proteùger les Noirs victimes de violations des droits humains? Ou un
pays d Afrique du Nord intervenant dans un EÙtat d Europe ouø les
ressortissants maghreùbins seraient l objet de discriminations systeùmatiques?
Et pourquoi ne pas imaginer, comme le font certains, un droit
d ingeùrence sociale? N est-il pas scandaleux quil y ait, au sein
de l Union Europeùenne, 50 millions de pauvres? Ne sagit-il pas laø d
une violation majeure des droits humains? Peut- on accepter que, aø l eùchelle de
la planeøte, un eâtre humain sur deux vive avec moins de10 francs (1,53 euro) par jour?
Ce que deùpense quotidiennement l OTAN en bombardant la Yougoslavie (64 millions de
dollars, soit 59 millions d euros) permettrait de nourrir 77 millions de personnes.
B Conduite de la
guerre
Ce conflit dans les
Balkans est eùgalement, dans sa conduite, une guerre de nouveau type. Jamais dans l
histoire militaire, un affrontement a eùteù dirigeù comme le fait le geùneùral Wesley
Clark, commandant supreâme de l OTAN. Le principe de " zeùro mort"
est devenu un impeùratif absolu. Apreøs deux mois de bombardements, pas un seul
militaire de l Alliance n a trouveù la mort en action de guerre. Celaø ne
s eùtait pas vu.
Les pertes mateùrielles seraient insignifiantes. Alors que le nombre
de missions aeùriennes deùpasse les 25 000, seuls deux avions ont eùteù perdus (mais
leurs pilotes ont eùteù reùcupeùreùs sains et saufs, en terrain ennemi, par des
commandos speùcialiseùs), ce qui confirme le projet du geùneùral Clark de faire une
"guerre sans perte d avions"3. Aucun
navire, aucun char, aucun heùlicopteøre de l Alliance n a eùteù
endommageù en action de guerre.
En revanche, les destructions mateùrielles subies par la Yougoslavie
sont consideùrables. Les infrastructures militaires et industrielles (dont les centrales
eùlectriques) ont eùteù largement abimeùes ou rendues inutilisables, de meâme que les
principales voies de communications (ponts, chemins de fer, autoroutes..). Tous les
systeømes eùlectroniques sont brouilleùs, les communications teùleùphoniques
eùcouteùes en permanence. Plusieurs milliers de militaires serbes auraient eùteù
tueùs. Selon certains geùneùraux ameùricains, le pays aurait eùteù, deøs aø
preùsent, rameneù deux deùcennies en arrieøre, et, si les bombardements continuent au
meâme rythme, il pourrait se retrouver au stade ouø il eùtait au sortir de la seconde
guerre mondiale..Cinquante ans de reconstruction, fruit de l effort de deux
geùneùrations, seraient ainsi effaceùs en quelques semaines.
C. Autres reùflexions sur
la guerre du Kosovo
Le rapport des forces militaires est tellement ineùgal entre l
OTAN et la Yougoslavbie quil est impropre de parler de guerre. C est en
reùaliteù aø une punition que lon assiste. Une punition comme dans aucun pays,
(aø l exception de l Irak) n en a jamais recu. Car la strateùgie de
l OTAN contraint la Yougoslavie aø rester passive, impuissante aø l eùgard
des forces de l Alliance, qui demeurent en tout eùtat de cause hors de sa porteùe.
Mais en reùaliteù nous avons affaire aø deux guerres. L une,
du fort au faible, de l OTAN contre la Yougoslavie, qui est, comme dit plus haut,
plutoât une punition. Lautre, du faible au plus faible, de la Serbie contre
les Kosovars, des forces de Belgrade contre l UCK. Dun coâteù, une guerre
sophistiqueùe, eùlectronique et technologique, de l autre, massacres aø la
tronconneuse, deùportations de masse, viols,et exeùcutions sommaires.
Autre originaliteù de ce conflit, l OTAN deùclare explicitement
qu elle ne veut pas tuer. Meâme pas les militaires serbes, encore moins les civils.
C est une guerre d engins contre engins, de machines contre machines. Presque
un videùo - jeu. Et deøs que, en raison dune erreur de tir, des innocents sont
tueùs, l Alliance se confond en repentances, regrets, remords ,et autres demandes
de pardons. Le Preùsident Clinton s est abaisseù aø preùsenter cinq fois ses
excuses personnelles aux autoriteùs de Beijing apreøs le bombardement
"erronneù" de lambassade chinoise aø Belgrade et a offert humblement de
deùdommager les pertes causeùes.
EÙcraser l adversaire, dans labstrait, oui; tuer un ennemi
concret, non. "Dans la neùo- guerre observe Umberto Eco dans le Figaro
du 3.5.1999 - perd devant l opinion publique celui qui a trop tueù."
Telle est la nouvelle loi qu impose cette guerre. Et sur laquelle veillent
attentivement les meùdias. La manipulation de ceux ci demeurant l un des objectifs
principaux des parties en conflit. AØ cet eùgard, cette guerre n apporte aucune
innovation majeure par rapport au modeøle Malouines 4 mis
au point deøs 1982 et appliqueù en particulier durant la guerre du Golfe. Pour l
essentiel. l OTAN met en oeuvre un dispositif meùdiatique concu deøs 1986 et
corrigeù par les lecons tireùes de la guerre du Golfe. Il s agit , en deux mois,
de rendre la guerre invisible et de demeurer la source principale d information des
journalistes. Ceux- ci indiscutablement plus prudents, ne parviennent pas toujours aø
eùviter cette nouvelle forme de censure deùmocratique et de propagande affable. D
autant que, aø Belgrade, la censure traditionnelle et la propagande grossieøre aident
encore moins aø la manifestation de la veùriteù.
Ainsi les meùdias en sont reùduits, depuis deux mois, aø commenter
une image centrale absente : celle des atrociteùs commises par les forces de Belgrade
contre les populations civiles du Kosovo. Beaucoup de teùmoignages de deùporteùs
deùcrivent ces crimes, dont la reùaliteù ne fait pas de doute5
, mais nulle image ne nous les a montreùs, aucun reporter ne les a vus de ses yeux. Ce
qui repreùsente un eùchec pour la machine meùdiatique, notamment audiovisuelle, qui,
depuis une dizaine d anneùes, tentait de persuader les gens quinformer cela
consistait, pour l essentiel aø les faire assister aø l eùveùnement.
D ouø, aussi, les poleùmiques. Entre les deùfenseurs de la
"veùriteù officielle" de l OTAN et quelques observateurs de terrain
dissidents et iconoclastes. Ainsi, au Royaume Uni, le Ministre des Affaires eùtrangeøres
Robin Cook n a pas heùsiteù aø sen prendre publiquement au correspondant de
la BBC aø Belgrade, John Simpson, en l accusant d eâtre un " complice
de Milosevic" simplement parce que le journaliste attirait l attention sur
l existence, en Serbie, d opposants deùmocrates au reùgime, sur les eùcoles
deùtruites, etc. Le gouvernement travailliste alla jusqu aø faire pression et
demander le rapatriement du journaliste. En Italie, le correspondant de la RAI , Ennio
Remondino, qui critiqua treøs durement les bombardements de Belgrade et en particulier,
celui du baâtiment de la teùleùvision serbe, fut feùrocement pris aø partie par des
journalistes et des intellectuels en uniforme qui l ont traiteù d"agent de
Miloseùvic". En France, enfin, les observations rameneùes par Reùgis Debray,
apreøs un court seùjour au Kosovbo, ont valu aø cet intellectuel, parce qu elles
ne cadraient pas avec la veùriteù officielle, un veùritable lynchage.
Le conflit du Kosovo reùserve encore des surprises dans les jours aø
venir et influencent profondeùment les relations entre les EÙtats Unis, la Russie et
l Asie. En particulier, quelles lecons les dirigeants chinois et vietnamiens ont-
ils tireùes de cette confrontaion sur le plan politico- militaire? Cette question fait
l objet de notre prochaine eùtude.
1) Alain Joxe
" Le nouveau statut des alliances dans la strateùgie
ameùricaine" , Cahiers d eùtudes strateùgiques, No 20. Paris, Printemps,1997
2) Ignacio Ramonet " Nouvel Ordre
Global", dans Le Monde Diplomatique, Paris, Juin 1999
3) Ínternational Herald Tribune, 18
Mai 1999
4) Lire " La tyrannie de la
communication", Galileùe, Paris 1999
5) Cf.William Branigin,"US details Serb
Terror in Kosovo", International Herald Tribune, 12.5.1999
LAÂM LEÃ TRINH
le 27.8.1999
Thuûy Hoa Trang
Huntington Beach, Californie |
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