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Reùflexions Sur Une Trahison

 

Lam Le Trinh / Laâm Leã Trinh

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Dr. Nguyeãn Phuù Ñöùc , l’ ex Conseiller politique du Preùsident Nguyeãn Vaên Thieäu, a attendu 21 ans apreøs la mort de la Reùpublique du Vieät Nam Sud (GVN) pour faire paraitre aux Eùditions Godefroy de Bouillon, Paris, 1996, ses Meùmoires " Viet Nam , Pourquoi les Eùtats Unis ont- ils perdu la guerre ?" dans lesquels sont reùveùleùs les dessous du Traiteù de Paris signeù le 27.1.1973 qui a conduit au retrait des troupes ameùricaines de l’ Indochine et aø la deùsinteùgration du Gouvernement de Saigon . Compareùe au livre " The Palace File" publieù en 1983 chez Harper & Row , NY, par Nguyeãn Tieán Höng, ancien Ministre du Plan sous Thieäu, l’ analyse preùsenteùe par Nguyeãn Phuù Ñöùc (NPÑ) s’aveøre plus approfondie et mieux documenteùe. NPÑ en effet, avait participeù directement aux neùgociations avec Washington et suivi de preøs les neùgociations avec Haønoäi dans ses fonctions successives de Conseiller aø la Preùsidence de la Reùpublique (1969- 1973). Seùcreùtaire Geùneùral du Conseil de Seùcuriteù et Ministre des Affaires Eùtrangeøres du GVN (1973) .

Les meùmoires de NPD , eùpais de 416 pages, sont diviseùs en 5 parties et 35 chapitres. Les circonstances de l’ intervention ameùricaine au VN et les raisons de la deùfaite des EU y sont disseùqueùes en deùtails.Dans la preùface du livre, l’ eùditeur prend le soin de mentionner que le manuscrit aø l’ origine fut eùcrit en anglais mais que " pour ne pas heurter les susceptibiliteùs ameùricaines " {?!) , l’ auteur s’ eùtait deùcideù " d’utiliser la langue d’ Alexis de Tocqueville".Quant aø l’ auteur lui meâme, dans l’ avant propos de son livre, il insiste sur " son ambition de faire une analyse historique" de la guerre du VN , ce qui explique pourquoi il avait besoin " du recul du temps pour eùvaluer les eùveùnements aussi complexes".

Pourquoi les Eùtats Unis ont eùteù battus au VN ?

La guerre du VN qui dura de 1945 aø 1975 est la plus longue, la plus meurtrieøre et aussi la plus confuse du 20eøme sieøcle car elle impliquait des questions orageusement controverseùes de notre temps: colonialisme, nationalisme. communisme et lutte heùgeùmonique des grandes puissances. Pour la premieøre fois dans son histoire, l’ Ameùrique connut la deùfaite et il fut mis fin, par la meâme occasion, aø sa "politique du containment" qu’ elle avait deùcreùteùe urbi et orbi contre le bloc socialiste aø la fin de la seconde guerre mondiale.

Ci - apreøs sont les principales raisons , selon NPÑ ,de l’ eùchec ameùricain au VN :

1 - Le "Syndrome Coreùen" obnubilait Washington durant toute la guerre vietnamienne. Le traiteù de Geneøve , signeù en Juillet 1954, officialisait la partition du Viet Nam au 17eøme paralleøle, tout juste une anneùe apreøs la Confeùrence de Panmunjom qui creùa le 27.7.1953 les deux Coreùes seùpareùes par le 38eøme paralleøle.En Avril 1951, 195.000 combattants de l’ ONU et des EU, sous le commandement du geùneùral McArthur, essuyeørent de graves pertes en repoussant le raz-de-mareùe des 600.000 envahisseurs sino- coreùens . Truman, Kennedy, Eisenhower et Nixon se basaient sur la " theùorie des dominos" pour intervenir au VN consideùreù comme l’ avant- poste que le Monde libre doit deùfendre aø tout prix au risque de voir le Sud Est Asiatique tomber dans le giron communiste . En 1951, Kennedy imposa au Preùsident Dieäm la preùsence au SVN de 16.500 conseillers militaires US . Le 7.3.1965, Johnson " ameùricanisa" et dirigea directement la guerre en faisant deùbarquer les deux premiers bataillons de Marines aø Ñaønaúng . Apreøs l’ attaque communiste du Teát Maäu thaân fin Janvier 1968, en plus des 525.000 soldats ameùricains en service au SVN, le geùneùral W. Westmoreland demanda un renfort de 206.756 hommes de troupe. L’ armeùe du GVN fut releùgueùe aø un roâle suppleùtif.

Contrairement aux preùdictions des strateøges US, les Nordistes n’ appliquaient pas la tactique des vagues humaines des communistes coreùens. Ils useørent plutoât des meùthodes de guerrilla pour infiltrer le Sud par la piste Hoà Chí Minh , le Laos et le Cambodge.Le VN diffeøre en effet de la Coreùe par la nature de son terrain aussi bien que geùographiquement . Le 17eøme paralleøle ne deùpasse pas 50 kilomeøtres de longueur. La frontieøre VN - Laos s’ eùtend sur 300 kms alors que Saigon est situeùe aø 35 kms environ du Cambodge. En 1953- 54, le geùneùral Henri Navarre, commandant le Corps Expeùditionnaire francais en Indochine, avait observeù que la seule frontieøre naturelle entre le Nord et le Sud de l’ Indochine est au niveau du 18eøme paralleøle, au col Mu Gia,au dessus de Vinh , car il y existe une barrieøre constitueùe par la Porte d’ Annam, prolongeùe aø l’ Ouest par une chaine calcaire aboutissant au Meùkong vers Thakhet. Un autre deùsavantage pour le GVN est qu’ apreøs la Confeùrence de Geneøve de 1954, Washington limita les forces armeùes du Sud aø 150.000 combattants alors qu’ aø Ñieân Bieân Phu , les communistes avaient deùjaø 400.000 hommes sous les armes. Enfin, les eùveùnements deùmentirent les pronostics ameùricains ; l’ effet domino ne s’ est pas produit apreøs 1975 , les eùtats asiatiques n’ayant pas succombeù au communisme, aø l’ exception du Laos et du Cambodge

2- Les Eùtats Unis se trompent d’ adversaire. L’ erreur des Ameùricains eùtait de consideùrer sommairement le Nord Vieät Nam (NVN) comme un satellite sino- sovieùtique et que la guerre du VN est une guerre par deùleùgation, a proxy war, organiseùe par ces deux puissances socialistes. Ils sous- estimaient le nationalisme vietnamien qui est le moteur treøs puissant de la lutte farouche de ce peuple pour deùfendre son indeùpendance contre les impeùrialistes eùtrangers, au premier rang desquels la Chine avait toujours figureù des sieøcles durant . L’objectif essentiel et commun des Vietnamiens, au Nord et au Sud, est l’indeùpendance.Pour l’atteindre, chaque coâteù poursuit des voies diffeùrentes et s’ appuie sur des alliances opposeùes.

La neùcessiteù des circonstances a rapprocheù provisoirement Hanoi et Beijing mais la suspicion reùciproque les seùpare.Un seul lit pour deux reâves, comme dit Andreù Fontaine . Par tous les moyens, la Chine essayait de freiner les viseùes expansionnistes vietnamiennes en Indochine. Phaïm Vaên Ñoàng a maintes fois eùvoqueù les " mauvais tours" que Chou En Lai lui joua aø la Confeùrence de Geneøve en 1954. Le 18.7. 1971, Mao Tse Tung conseilla tout de go aø Hoà Chí Minh de retarder son plan d’ investir le VNS par la force. Auparavant, en Janvier 1965, il avait deùmandeù aø son ami Edgar Snow , de la revue Life, de convier aø Washington un message conciliant:"La guerre avec la Chine ne pourrait survenir que si les troupes US peùneøtrent en Chine " . La volte- face de Haønoäi qui se jettait dans les bras de Moscou et les repreùsailles militaires de Deng Tsao Ping contre Langsôn en 1979 deùvoilent le coâteù fallacieux du slogan de propagande ceùleùbrant la solidariteù "leøvres et dents" sino- vieät. En 1961- 62, aø Geneøve, la deùleùgation ameùricaine eut tort d’ ignorer la suggestion du Ministre des Affaires Eùtrangeøres Chen Yi de diviser le Laos en deux zoânes: le Nord sous controâle du Pathet Lao, d’ obeùdience chinoise et le Sud, royaliste . Cette partition aurait eu pour effet de barrer le chemin aux Vieät coäng et couper la piste Hoà Chí Minh. Dans ses meùmoires " Les anneùes orageuses" (eùditions Fayard,Paris 1982), Kissinger reconnait lui meâme plus tard :" Contrairement aux ideùes des strateøges washingtoniens, les activiteùs de la Chine au Laos visent aø contrecarrer plutoât qu’ aø appuyer le NVN". L’ attitude reùserveùe des diplomates ameùricains, en particulier de John Foster Dulles, aø l’ eùgard de Beijing fut exploiteùe promptement par les communistes vietnamiens pour violer la neutraliteù laotienne deùclareùe par les Confeùrences de Geneøve de 1954 et 1961 , ce qui rendait impossible une deùfense efficace du SVN .

Johnson et Nixon crurent que la Russie sovieùtique , anxieuse de neùgocier avec les EU la limitation des armes nucleùaires et les eùchanges eùconomiques, serait disposeùe aø persuader le NVN de mettre un terme aø l’ escalade de la guerre . La politique nixonienne, qui lie la solution du probleøme vietnamien aux relations US - USSR, est deùnommeùe linkage strategy.

3 - Un objectif unique servi par des strateùgies inefficientes . Les deùmonstrations pacifistes et l’ approche des eùlections preùsidentielles en Novembre 1968 forceørent Lyndon Johnson aø envisager le retrait des troupes ameùricaines de l’ Indochine . Le 29.9.1967 , aø San Antonio, Texas, Lyndon Johnson se deùclara preât aø arreâter le bombardement du NVN pour neùgocier la paix si Hanoi s’ engageait aø ne pas "augmenter ses activiteùs" durant le cessez- le-feu. Washington n’ exigeait plus, comme auparavant, l’arreât des opeùrations militaires. Les communistes rejeteørent cette offre. Les Eùtats Unis reùagirent en abandonnant sa tactique de "guerre d’ usure" (caracteùriseùe par la meùthode search and destroy, " fureter et deùtruire") pour adopter une strateùgie nouvelle promue par McNamara sous l’ appellation "graduated overt military pressure" qui liait l’ intensiteù des bombardemants au degreù de la reùsistance communiste.

La puissance de feu ameùricaine ne parvint pas aø reùduire toutefois le rythme des infiltrations nordistes. La strateùgie de "repreùsailles continues ou sustained reprisals" fut donc adopteùe , consistant aø harceler les sanctuaires ennemis avec

des bombardements ininterrompus. Apreøs la preùtendue attaque des deux vaisseaux Maddox et Turner Joy dans le Golfe du Tonkin , Johnson ordonna le pilonnage de Vinh .L’ US Airforce eùvita le port de Haiphong et la frontieøre chinoise pour ne pas provoquer Moscou et Beijing . Cette politique de guerre limiteùe accula Johnson aø une impasse qui le deùcida de renoncer aø un second terme preùsidentiel fin 1968.

Nixon fut eùlu sur sa promesse de vietnamiser le conflit et de rapatrier les troupes ameùricaines. Le 14.5.1969, Nixon proposa le retrait simultaneù des forces US et nordvietnamiennes et la participation de toutes les factions dans la vie politique sudiste si elles renoncent au terrorisme. Cette offre fut rejeteùe. Les B 52 de l’US Air Force arroseørent alors de bombes le NVN. Le 8.6.1969. rencontrant Thieäu aø Midway, Nixon promit de ne pas forcer Saigon aø accepter une coalition avec les communistes. En eùchange,le Preùsident Thieäu donna son accord au rapatriement de 25.000 Marines avant Septembre et demanda en contre partie plus d’ armement pour les troupes sudistes. Pour preùparer l’ eùlection de la Chambre des Repreùsentants, Nixon retira 60.000 soldats fin 1969 et 150.000 avant 1971 sans preùvenir Thieäu. Sous preùtexte de proteùger ces retraits, une opeùration combineùe des forces US- Sudvietnamiennes peùneùtra 30km en territoire cambodgien le 1.5. 1970 pour nettoyer le Comiteù Central du Front de Libeùration Nationale, FLN, d’obeùdience marxiste, Deùbut 1971, 235.000 soldats ameùricains avaient quitteù le VN. L’ amendement Cooper Church interdit l’ utilisation des troupes US en dehors du VN. Sur le conseil de Nixon, Thieäu envoya le 8.2.1971, deux divisions commandeùes par le geùneùral Hoaøng Xuaân Laõm envahir le Laos aø Tcheùpone. La reùsistance farouche des 30.000 reùguliers de l’ armeùe nordiste causa 3000 morts et 7000 blesseùs aux Sudistes.

Apreøs l’ incursion de l’armeùe du GVN dans les deux pays avoisinants, Nixon ordonna le 8.5.1972 le minage momentaneù du port de Haûiphoøng pour arreâter l’approvisionnement du NVN en armes russes . Beijing et Moscou ne reùagirent pas . La rencontre Mao Tse Tung- R. Nixon trois mois auparavant avait en effet ameùlioreù les relations sino- ameùricaines . D’ autre part, en Aout 1971, Washington avait donneù son accord aø l’ admission de la Chine aux Nations Unies et dans le Conseil de seùcuriteù duquel Taiwan eùtait exclu . En ce qui concerne les Russes, ils avaient besoin de reùgler avec les EU un bon nombre de probleømes importants. Brejnev maintint donc la rencontre au sommet preùvue pour le 20 Mai avec Nixon . Le bombardement ameùricain toutefois n’ eut produit que des effets treøs limiteùs , le NVN eùtant un pays agricole et sous - deùveloppeù. De plus, il manqua les principaux objectifs viseùs et le gros des troupes communistes ne fut pas toucheù .

4 - Les neùgociations secreøtes Hanoi- Washington aboutirent aø l’ abandon du VNS. Nixon se trouvait dans une position de faiblesse apreøs les eùlections de Novembre 1968 au cours desquelles le Parti Deùmocrate obtint le controâle du Congreøs . Le retrait urgent des troupes s’ imposa et il importa de meùnager un intervalle deùcent pour la survie du reùgime de Saigon . La strateùgie aø l’ eùgard de Hanoi est celle " du baâton et de la carotte" combinant semonces et pourparlers . Treøs toât cependant, les communistes disposeørent d’ atouts deùcisifs . Ils eùtaient persuadeùs que la pression internationale et le chaos politique interne des EU forceraient ce pays aø des concessions . La confeùrence de Paris ne progressait pas sous Lyndon Johnson aø cause de la formule quadripartite : US. GVN, NVN et FLN (Front de Libeùration nationale). Kissinger ,pour cette raison, choisit au nom des EU de neùgocier secreøtement aø deux avec Hanoi. Par l’ intermeùdiaire de Jean Sainteny, l’ ex deùleùgueù de la France aø la Confeùrence de Geneøve en 1954, il rencontra en priveù Xuaân Thuûy , le Ministre nordvietnamien des Affaires eùtrangeøres , le 4. 8. 1969 aø Paris. Jusqu’ aø la fin de Janvier 1973, Kissinger et Leâ Ñöùc Thoï ( Conseiller de la deùleùgation nordiste mais en reùaliteù, chef neùgociateur tout puissant ) eurent environ 15 reùunions secreøtes aø Choisy Le Roi ou Gif sur Ivette, dans le faubourg parisien, au domicile de Raymond Aubrac, ami de Hoà Chí Minh . Leâ Ñöùc Thoï creùa mille casse- teâtes au sujet des lieux comme de l’ horaire des rencontres et deùcommanda souvent les reùunions aø la dernieøre minute sans explication aucune . Kissinger endura stoiquement ces caprices et sautes d’ humeur.

Les pourparlers furent ardus aø cause de l’ intransigeance des Nordistes et des marchandages des Sudistes. Sur le plan militaire, les communistes refuseørent cateùgoriquement de retirer leurs troupes au sud du 17eøme paralleøle et exigeørent d’ autre part, le rapatriement immeùdiat , total et inconditionnel des forces ameùricaines de l’ Indochine. Politiquement, Hanoi consideùrait le DMZ, demilitarized military zone, comme aboli et reùclamait l’ institution au VNS, apreøs la signature du Traiteù, d’un gouvernement de Reùconciliation nationale tripartite: GVN ( sans Nguyeãn Vaên Thieäu), le FLN et la faction neutraliste , pour organiser les eùlections geùneùrales. Enfin, le NVN exigea que les EU s’engagent aø reconstruire le VN apreøs la cessation du conflit, ce qui eùquivaudrait aux reùparations de guerre dues par la partie vaincue.

Kissinger alla de reculs en concessions et n’ informa pas Saigon entieørement du deùroulement des neùgociations . Nixon rencontra Thieäu le 8 Juin aø Midway et le 30.7.1969 aø Saigon pour le reùconforter et le convaincre. Kissinger et son adjoint Alexander Haig se relayeørent d’ autre part, pour venir au VN faire pression sur le gouvernement de Saigon . Washington ne se geâna pas de menacer de signer une paix seùpareùe avec Hanoi et de couper l’ aide si Thieäu refusait d’ accepter le Traiteù de Paris aø la date du 27 Janvier 1973. Nixon avait envoyeù aø Thieäu environ 31 lettres promettant assistance eùconomique, support politique et repreùsailles contre les communistes en cas de violation du traiteù. Certains de ces documents sont reproduits in extenso dans les meùmoires de Nguyeãn Tieán Höng et Nguyeãn Phuù Ñöùc avec les annotations manuscrites de Thieäu.

Dans plusieurs parties de son livre, N.P.Ñöùc relate les efforts deùsespeùreùs du Preùsident Thieäu pour reùsister aux injonctions ameùricaines. Avalant sa honte, Thieäu accepta aø un certain moment de deùmissioner pour permettre l’ organisation des eùlections. Pour teùmoigner de son esprit de coopeùration, il offrit de libeùrer 10.000 prisonniers Nordistes en eùchange des 500 pilotes US deùtenus par Hanoi . Leâ Ñöùc Thoï, changeant d’ avis par la suite, ne demanda plus la deùmission de Thieäu . Saøigon essaya mais en vain d’obtenir le retrait des troupes communistes du VNS et l’exclusion du FLN fantoche des pourparlers . Et Thieäu d’ invoquer - aussi sans reùsultat - le droit des Sudistes aø l’ auto-deùtermination . Le 29.11.1972, Nixon rejeta la suggestion finale de Thieäu relative aø la signature de deux traiteùs seùpareùs: l’ un, entre les EU et le NVN, pour reùsoudre la question du retrait des forces armeùes opposeùes et l’ eùchange des prisonniers de guerre ; le second, entre Saigon et Hanoi , pour trancher le statut politique du VNS par voie de neùgotiations entre le GVN, le NVN et le FLN. Le 21.1.73, Nixon mit Thieäu en demeure de lui faire savoir au plus tard aø midi du meâme jour, heure de Washington, c ‘est aø dire le matin du 22 Janvier, heure de Saigon, si son gouvernement acceptait ou non de signer le Traiteù de Paris. De guerre lasse, Thieäu capitula .

Le traiteù du 27.1.1973 fut entieørement avantageux aux communistes: Cessez- le - feu sur place, retrait unilateùral des troupes US, engagement ameùricain de reconstruire le NVN et l’ Indochine et promesse de Washington ne plus intervenir au VNS politiquement et militairement, La seule consolation pour les EU est de reùcupeùrer ses prisonniers de guerre. Une commission internationale (Hongrie, Pologne, Canada et Indoneùsie) a la responsabiliteù (theùorique) de controâler l’ armistice mais en fait, ne peut rien deùcider en cas de deùsaccord de l’ un de ses membres .Aucune clause dans le traiteù n’oblige Hanoi de respecter le DMZ ni de retirer ses combattants au sud du 17eøme paralleøle. Un comiteù dit de Reùconciliation nationale . avec la participation du GVN et du GPR ( Gouvernement provisoire du FLN ),est supposeù de rechercher une solution politique et deùcider de la preùsence des troupes nordistes dans le VNS. La reùunion tenue par le Comiteù susviseù le 6.3.1973 aø La Celle Saint Cloud, conformeùment aø l’ article 12 du Traiteù de Paris, n’ eut pas de lendemain car les communistes refuseørent de discuter des eùlections qu’ ils n’ eùtaient pas surs de gagner. En Avril 1975, apreøs avoir occupeù le VNS par la force, Hanoi congeùdia le GRP sans autre forme de proceøs . La creùduliteù des dirigeants sudistes et la trahison des EU ont acculeù le VNS aø sa perte Apreøs 1973, l’ Ameùrique s’ en lava les mains et assista sans broncher au deùbaâcle de son allieù vietnamien. Le Monde libre, lui aussi, tourna le dos devant la deùsinteùgration du reùgime de Saigon qu’il avait pourtant consideùreù comme un bastion de la deùmocratie en Asie .

Tout compte fait, Kissinger " le geùnie de la diplomatie ameùricaine" fut dupeù par Leâ Ñöùc Thoï, un veùritable disciple de Machiavel. Durant les neùgotiations aø Paris, Kissinger chercha toujours aø se placer sous les feux de la rampe , accapara le roâle de teùnor et parla " au nom du SVN " afin de mieux tirer sur les ficelles. Il avait une pieøtre estime pour les dirigeants sudistes alors qu’il montrait de la consideùration pour les communistes . Dans la phase finale, pour ne pas manquer la date preùfixeùe de la signature du Traiteù, il lui arrivait de prendre des initiatives personnelles sans consulter son Preùsident (lire "Richard Nixon’s Memoirs ", page 705,Warner Publ.,NY,1980, et l’ article " The betrayal of South VN " par Stephen Young dans The Wall Street Journal du 23.1.1996) Apreøs avoir laisseù Ngoâ Ñình Dieäm instaurer un reùgime dictatoïrial et creùer le vide politique au SVN, les autoriteùs de Washington se sont lanceùes teâte baisseùe dans la gueâpieøre vietnamienne ,sans preùparation aucune et ignorants de la psychologie asiatique. Elles ameùricaniseørent imprudemment et ensuite vietnamiseørent en haâte le conflit contre la volonteù de leurs allieùs sudistes .En agissant ainsi, ils aideørent Hanoi aø mobiliser le patriotisme des Nordvietnamiens. Durant l’ anneùe fiscale 1974-75, le Congreøs US reùduisit l’ aide aø Saigon aø 722 millions de dollars alors que le NVN renforca consideùrablement ses troupes d’ invasion . Le 28.4.1975, Big Minh remplaca le quasi octogeùnaire Preùsident Traàn Vaên Höông pour abdiquer moins de 48 heures plus tard, devant les baionnettes des soldats communistes.

Dans l’ eùpilogue de son livre , Nguyeãn Phuù Ñöùc reùsume judicieusement comme suit sa penseùe sur la deùfaite US :"D’ une facon geùneùrale, l’ expeùrience ameùricaine au VN a deùmontreù que l’ issue d’une guerre deùpend des qualiteùs intellectuelles et des fibres morales, et non pas exclusivement de la puissance des armes" .

Entretien avec l’ ex Ministre des Affaires eùtrangeøres Traàn Vaên Laém sur le Traiteù de Paris.

Deùbut Juillet , Mr. Laém , venant d’ Australie ouø il reùside, visita la Californie. L’ auteur de cet article eut avec lui une conversation aø baâtons rompus sur le Traiteù de Paris de 1973 et les circonstances entourant la passation de pouvoirs entre Döông Vaên Minh et Traàn Vaên Höông en Avril 1975. Mr Laém, actuellement 86 ans, est encore robuste et a une bonne meùmoire. Chef de la diplomatie sudvietnamienne et Preùsident du Seùnat de 1973 aø Avril 1975, il joua un roâle de premier plan les dernieøres anneùes du SVN comateux .

Apreøs trois ans de manoeuvres intensives, Kissinger reùussit aø organiser une entrevue personnelle le 10.5.1968 aø Paris entre Averell Harriman, Conseiller de Lyndon Johnson, et le Ministre des Affaires Eùtrangeøres Xuaân Thuûy, secondeù par Haø Vaên Laâu et conseilleù par Leâ Ñöùc Thoï. Mr Laém remplaca Traàn Chaùnh Thaønh, Seùnateurs tous les deux, comme Ministre des Affaires Eùtrangeøres du GVN apreøs l’ entrevue Johnson- Thieäu aø Honolulu. Suivant les termes de Kissinger lui meâme dans ses Meùmoires " The White House Years, Little Brown Pub., Boston, 1979), Thoï se comporta rudement aø son eùgard , " comme un maitre d’ eùcole seùveøre grondant son eùleøve en faute ". Par contre, selon TVLaém, Kissinger fut consideùreù comme " le cauchemar" du gouvernement de Saigon. Le 21.10.1972, aø la demande du Preùsident Thieäu, TVLaém et NPÑöùc se reùunirent en priveù avec Kissinger au 57 Rue Hoàng Thaäp Töï, Saigon pour discuter de la question du retrait simultaneù (proposeù par le GVN) des troupes US et nordvietnamiennes apreøs le cessez- le- feu . Aucun accord ne fut atteint. Pendant que Kissinger eùtait encore au SVN , le Premier Ministre Phaïm Vaên Ñoàng - visant aø diviser Washington et Saigon - deùclara aø un reporteur de Newsweek que Kissinger avait approuveù le principe de l’ institution au VNS d’un gouvernement provisoire tripartite (GVN, FLN et Neutralistes) plutoât que d’un Comiteù de Reùconciliation Nationale (comme Kissinger avait exposeù aø Thieäu). Pour preùvenir les tours de passe- passe diplomatiques de Kissinger, Thieäu envoya NPÑöùc fin Octobre 1972 visiter Phnom Penh, Bangkok, Vientiane et Jakarta pour informer les pays allieùs de la position du SVN.

AØ Paris, la deùleùgation sudvietnamienne est dirigeùe par l’ ambassadeur Phaïm Ñaêng Laâm et assisteùe par un comiteù consultatif dont font partie le Vice Preùsident Nguyeãn Cao Kyø, Nguyeãn Thò Vui et Nguyeãn Ngoïc Huy. Kyø provoqua des scandales avec ses deùclarations deùplaceùes tandis que son eùpouse fut le point de mire de la presse populaire. Le Vice Premier Ministre Nguyeãn Löu Vieân fut chargeù de preùsenter un plan d’ eùlections avec la participation du FLN apreøs le cessez- le- feu . Ce plan ne fut pas pris en consideùration aø la reùunion de La Celle Saint Cloud . Selon Mr Laém, apreøs les reùunions officielles aø la Confeùrence de Paris, il eut des entrevues priveùes avec Mme Nguyeãn Thò Bình, chef de la deùleùgation du FLN et petite fille de Phan Chaâu Trinh, un nationaliste respecteù sous la domination francaise, Mme Bình a un caracteøre ouvert mais n’ osa pas transgresser les directives de Leâ Ñöùc Thoï. Gauche et embarrasseùe les premiers jours, Mme Bình retrouva vite son assurance apreøs les manisfestations de sympathie des eùleùments gauchistes francais. Elle accorda plus de soin aø son apparence et accepta d’ eâtre intervieweùe par les journalistes.

Le 27.1.1973, le Ministre Laém rencontra Kissinger aø l’ aeùroport de Paris et tous les deux se rendirent directement aø l’ ambassade du GVN ouø . aø la demande aø Saigon, Kissinger reùaffirma aø Laém que Washington " exercerait des repreùsailles approprieùes" en cas de violation du Traiteù par les communistes. Thieäu et son Conseil de Seùcuriteù furent immeùdiatement informeùs . Le feu vert fut alors donneù aø TVLaém pour signer le Traiteù dans ses trois versions vietnamienne, anglaise et francaise . Deùbut Avril 1973, Nixon invita le Preùsident Thieäu accompagneù de TVLaém et NPÑöùc, aø sa reùsidence La Casa Pacifica, aø San Clemente, Californie, pour une visite priveùe afin de le reùconforter. Les manifestations pacifistes ne permettaient pas une invitation officielle de Thieäu aø Washington . Nixon se montra eùvasif en ce qui concerne l’ aide au GVN, preùtendant que ce sujet releøve de l’ autoriteù du Congreøs. L’ auteur de cet article demanda aø Mr. Laém aø partir de quel moment il eut conscience de l’ abandon du VNS par les ameùricains . TVLaém reùpondit indirectement:" La situation aurait pu tourner autrement sans Watergate ! ". Le Preùsident Thieäu avait donneù la meâme reùponse le 24.4.1995 quand nous lui posaâmes une question semblable. De retour des EU, TVLaém deùmissionna pour se repreùsenter aux eùlections seùnatoriales. Il fut reùeùlu et devint Preùsident du Seùnat.

Mr. Traàn Vaên Laém raconte: Mi Mars 1975, apreøs la chute de Ban Meâ Thuoät, Thieäu le convoqua avec Nguyeãn Baù Caãn, Preùsident de la Chambre des Repreùsentants, au Palais de l’Indeùpendance pour les informer de sa deùcision d’ abandonner les Hauts Plateaux indeùfendables aø cause de la supeùrioriteù de feu des communistes et du refus ameùricain d’ appuyer l’ armeùe sudiste par des bombardements . AØ Quaûng trò, le geùneùral Ngoâ Quang Tröôûng deùclara aø Mr. Laém en montrant du doigt les positions montagneuses avoisinantes :" Ce serait un suicide d’ attaquer les ennemis embusqueùs laø haut, nous sommes aø court de munitions et la supeùrioriteù de l’ effectif ennemi est eùcrasante" . AØ une reùception diplomatique apreøs la perte deùsastreuse des Hauts Plateaux, le geùneùral Westmoreland se plaignit au Preùsident Laém :" De meùmoire d’ homme, je n’ ai jamais vu une armeùe battre la retraite de facon aussi deùsordonneùe et sans preùparation comme celaø !".

Quelques jours plus tard, Mr. Laém se rendit aø Washington avec une deùleùgation seùnatoriale pour essayer de plaider la cause de Saigon. Les deùfenseurs les plus acharneùs du GVN comme le Vice preùsident Nelson Rockefeller, le seùnateur Fulbright….lui dirent ouvertement que " la guerre du VN appartient au passeù", personne au Congreøs ne veut plus en entendre parler . L’ auteur de ces lignes demanda aø Mr. Laém pourquoi le reùgime de Thieäu n’ avait tireù aucune lecon des erreurs sous Ngoâ Ñình Dieäm pour organiser apreøs le renversement de ce dernier un lobby efficace aux EU avec les ressources humaines et financieøres dont il disposait . Et Laèm de reùpondre, secouant la teâte :" Nos leaders sont trop sentimentaux !" , entendant sans doute par laø que ces dirigeants croyaient naivement que les promesses personnelles donneùes par les Chefs Exeùcutifs ameùricains suffisaient , sans tenir compte du Corps leùgislatif, de l’ opinion populaire et des meùdias dans cette nation deùmocratique. Le SVN a payeù cher pour leur inexcusable ignorance !. AØ noter aussi que le Congreøs ameùricain n’ avait jamais deùclareù la guerre au NVN ( comme requis par la Constitution ), la Maison Blanche d’ autre part n’a jamais informeù officiellement les comiteùs inteùresseùs du Corps leùgislatif des engagements donneùs par Nixon et Ford aø Thieäu , enfin le Traiteù de Paris jusqu’ ici n’ a pas eùteù soumis aø l’ approbation du Seùnat ameùricain. Ce cas est deùcideùment unique dans l’ histoire des EU . Il est non moins inteùressant de mentionner la reùponse du Preùsident Thieäu aø Nguyeãn Tieán Höng qui lui proposa de rendre public l’ eùchange de correspondance entre la Maison Blanche et le Palais de l’Indeùpendance pour creùer un choc psychologique dans l’ opinion internationale: " Je ne veux pas trahir ma parole donneùe aux Preùsidents Nixon et Ford de garder ces lettres secreøtes . Je ne veux pas donner aux Ameùricains le preùtexte de pointer leur doigt vers ma figure !" (lire The Palace File, NTHöng, page 468).

Le 21.4.1975, Thieäu deùmissionna et fut remplaceù par Traàn Vaên Höông. Interrogeù sur les pressions conduisant ensuite Höông aø se retirer et l’ Assembleùe Nationale sudiste aø modifier la Constitution pour offrir le poste preùsidentiel au geùneùral Döông Vaên Minh, Laém reùveøle : La Chambre des Repreùsentants et le Seùnat se reùunirent , sous sa preùsidence au Palais Dieân Hoàng, Saigon, dans une atmospheøre de crise. Le Ministre de la Deùfense Traàn Vaên Ñoân, le Vice Premier Ministre Nguyeãn Vaên Haõo et le Directeur de la Police Nguyeãn Khaéc Bình rapporteørent que la situation eùtait deùsespeùreùe et explosive sur les plans militaire et financier, la capitale eùtant encercleùe par les divisions communistes . Pendant ce temps, dans l’ enceinte du Palais, les acolytes de DVMinh tels que les deùputeùs Lyù Quyù Chung, Döông Vaên Ba, Kieàu Moäng Thu, Hoà Ngoïc Nhuaän, Ngoâ Coâng Ñöùc…manifestaient bruyamment. L’ ambassadeur US Graham Martin fit savoir aø Laém en priveù que le FLN refuserait de parler aø un cabinet dirigeù par TVÑoân ou TVLaém . Laém se sentit " soulageù". L’ ambassadeur francais J.M.Meùrillon , promoteur de la solution DVMinh, pressa les 2 chambres de prendre une deùcision pour eùviter "la destruction de Saøigon" .

Apreøs le vote des Seùnateurs et Deùputeùs en faveur de Minh, Laém se rendit aø la reùsidence du Preùsident de la Reùpublique Traàn Vaên Höông pour lui annoncer la nouvelle et preùparer la passation des pouvoirs . Höông lui reùpondit sur un ton de lassitude :"Pas de ceùreùmonie, pas de discours , tout juste quelques mots . Occupez vous en ".Apreøs avoir convaincu le Directeur du protocole Toân Thaát Aân de faire le neùcessaire, Laém courut chez DVMinh et lui preùsenta une tentative d’ horaire pour le lendemain. Minh lui dit d’ attendre , consulta discreøtement ses deux conseillers, Mai Höõu Xuaân et Lyù Chaùnh Trung dans la chambre aø coâteù, revint au salon et reùpondit succinctement:" 9 heures du matin , ce n’ est pas une heure faste! . Je propose 5 heures trente du soir !". Le 29 Avril, le Premier Ministre Vuõ Vaên Maãu enjoignit Graham Martin de fermer son ambassade et de quitter le VN avec les citoyens ameùricains dans les 24 heures.

Pour cloâturer la conversation, l’ auteur de cet article demanda l’ opinion de Mr. Laém sur le leadership du Preùsident Thieäu pendant les pourparlers de Paris, TVLaém sourit :"Eùpargnez moi de commenter". En ce qui concerne la deùclaration reùcente de DVMinh qu’il serait preât de revenir au VN pour combattre pour la deùmocratie, Mr. Laém est plus loquace: " Je connais Minh depuis qu’il eùtait sorti comme adjudant de l’ eùcole militaire de Tong et venait me voir aø la rue Voõ Taùnh de Saigon. Trop paresseux ! Intellectuellement borneù !.Les communistes l’ utiliseront aiseùment comme un ballon d’ essai.". Je demandai aø TVLaém : Que pensait le seùnateur Traàn Vaên Tuyeân en Avril 75 ? Quelle alternative politique offrait - il ?. Laém reùpondit:" Je ne sais pas. Je n’ eùtais pas proche de Tuyeân. Tuyeân est contre le reùgime de Thieäu. Il est l’ homme de son Parti . ". Qu’ il soit mentionneù en passant que TvTuyeân deùceùda courageusement en Octobre 1976 dans le camp de reùeùducation communiste 52A au Nord VN comme reporteù par feu Dr. Traàn Vyõ dans ses Meùmoires " Le prisonnier politique au VN" ( L’ Harmattan. Paris, 1990, pages 103-109). Finalement, Mr TVLaém et son colleøgue le regretteù Seùnateur Traàn Trung Dung (13 ans deùtenu par Hanoi apreøs 1975 et deùceùdeù le 7 Juillet cette anneùe) , formulent un voeu cher aø leur coeur:" Que le peuple vietnamien soit reùconcilieù dans l’ amour et le pardon . Une reùconciliation authentique, non par la contrainte et sans calcul politique ". Tous les deux pensent que de l’ autre coâteù, les eùleùments deùcus par le socialisme et repentis sont de plus en plus nombreux . Parmi ceux ci, Nguyeãn Vaên Traán , un ancien camarade de classe de Mr. Laém au Lyceùe Peùtrus Kyù et toujours en contact eùpistolaire avec lui. Le 28.4.75. Laém se preùsenta aø l’ ambassade ameùricaine de Saigon ouø se trouvaient deùjaø Traàn Vaên Ñoã, Ñaëng Vaên Sung et Leâ Vaên Ñoàng..Ensemble, ils furent transporteùs par heùlicopteøre jusqu’ au bateau Pioneer Contender qui les amena aux Philippines.

Pourquoi les communistes sont ils en train de perdre la paix ?

Les canons se sont tus depuis 22 ans. Pourtant un bon nombre de questions restent sans reùponse : Pourquoi la guerre au V N ?. Cette guerre fut elle neùcessaire ? eùvitable ? Quand le VN connaitra t-il enfin une paix veùritable, des coeurs et des esprits ? une reùelle deùmocratie ? Quand les vietnamiens seront ils reùconlieùs ? Comment mettre fin aø l’ unipartisme ?…etc.. Deux faits , jusqu’ici, sont au moins acquis :

1 - Le VNS fut vaincu aø cause de la faiblesse de ses leaders et de l’ abandon de son unique allieù, les EU d’ Ameùrique.Le reùgime de Saigon s’effondra miseùrablement car les successeurs militaires du Preùsident Dieäm avaient une foi aveugle dans la protection de Washington dont ils eùtaient finalement devenus les marionettes. La corruption, le clanisme, la dictature et les divisions internes les eùloignirent de plus en plus du peuple, Pendant ce temps, Hanoi fit de son mieux pour se faufiler entre Beijing et Moscou. Par leur machiaveùlisme deùmoniaque, les communistes arriveørent aø duper la masse nordvietnamienne qu’ils introduisirent dans l’ orbite de la Troisieøme Internationale. Sur le plan militaire, la combativiteù des troupes sudistes ne ceùda pas aø celle de leurs compatriotes du Nord qui furent repousseùs avec des pertes seùveøres en Feùvrier 1968 , lors du Teát Maäu Thaân, et durant les Paâques de 1972 , aø Quang tri, Hueá, An loäc, Kontum…alors que le gros du corps expeùditionnaire yankee eùtait rapatrieù. La suppression de l’ aide ameùricaine et le deùfaitisme du Commandement supreâme sudiste ont poignardeù l’ armeùe et le peuple du VNS dans le dos.(lire "Autopsy. The death of SVN", Sphinx Pub., Phoenix 1986,Meùmoires du geùneùral Laâm Quang Thi, ex Commandant adjoint de la 1eøre Reùgion Militaire du SVN).

2 - Les communistes furent victorieux car ils ont supporteù avec succeøs une longue guerre d’ attrition . Ils risquent toutefois de perdre piteusement la paix parce qu’ils ne parviennent pas encore aø unifier les coeurs et les esprits, continuent aø mettre le Marxisme au dessus de la Nation , font toujours preùvaloir la loi de la jungle sur l’ eùtat de droit et pratiquent obstineùment une politique obscurantiste. Leur plan de " reùnovation eùconomique" vise aø enrichir la nomenklatura plutoât que d’ ameùliorer la vie du peuple. L’ eùtablissement des relations diplomatiques et eùconomiques avec leur ancien ennemi ameùricain est utiliseù prioritairement par les dirigeants de Hanoi pour consolider leurs positions et proteùger leurs inteùreâts .Toutefois le marxistes vietnamiens sont en train de creuser leur tombe : l’ eùconomie de marcheù qu’ils sont obligeùs d’ adopter pour survivre finira toât ou tard par grignoter et digeùrer l’ autoritarisme politique auquel ils s’ accrochent deùsespeùreùment dans un monde globaliseù .

* * *

Ces derniers temps, les rangs communistes , et non des moindres, sont deùcimeùs par des deùfections et revirements de plus en plus nombreux .: Buøi Tín, Hoaøng Minh Chính, Nguyeãn Vaên Traán, Nguyeãn Minh Caàn,Nguyeãn Hoä, Tieâu Dao Baõo Cöï, Nguyeãn Thanh Giang,Nguyeãn Trung Thaønh, Leâ Hoàng Haø, Vuõ Thö Hieân….Ils deùnoncent avec virulence les crimes, errements et injustices du Parti Communiste Vietnamien (PCV) . Symptomatiquement, ils s’ attaquent aø Hoà Chí Minh et aø ses enseignements. AØ cor et aø cri, ils reùclament reùparation et revision des proceøs iniques durant la Reùforme agraire et la " Mini Reùvolution Culturelle" ( l’affaire du Nhaân Vaên Giai Phaåm). En particulier, ils font beaucoup de tapage sur les liquidations et emprisonnements sans jugement dans les anneùes 70, du vivant de Hoà, des eùleùments , communistes ou non, militaires ou civils,accuseùs par le PCV de revisionnisme anti- parti. Aucun de ces individus toutefois n’a jusqu’ici eùleveù la voix pour exiger que justice soit officiellement rendue aø ces millions de sympathisants sudistes qui avaient coopeùreù de toute leur aâme avec la Reùsistance avant 1975 et qui ont eùteù, apreøs l’ unification du pays, " reùcompenseùs" par de longues anneùes de lavage de cerveau et de travail forceù dans les camps de reùeùducation ou les zoânes eùconomiques nouvelles .

Le 12 Juin passeù, l’ UNDP. United Nations Development Program, publia son rapprt annuel de 245 pages dans lequel un passage mentionne qu’ apreøs l’ eùcroulement du communisme , "l’ eùconomie de marcheù est la seule ideùologie politique qui preùdomine" . Les autoriteùs de Hanoi ont vigoureusement protesteù contre cette assertion et demandeù une rectification suivant laquelle le VN est plus que jamais deùcideù de rester fideøle au socialisme.

Dans les anneùes 60, Moshe Dayan, le strateøge israeùlien de renommeùe mondiale, rendit visite au VN. Intervieweù par la presse aø son retour aø Tel Aviv sur l’ issue possible de la guerre en Indochine, Dayan deùclara:" Le Nord Viet Nam perdra la guerre le jour ouø il controâlera Saigon". L’ avenir seul permettra de veùrifier la veùraciteù de cette preùdiction. Pour le moment, le systeøme marxiste au pouvoir au VN depuis 50 ans se heurte chaque jour aø de graves probleømes . Sur quel rivage le bateau ivre vietnamien eùchouera t- il un jour ? Dieu seul le sait ! .

Viet Nam, Quo Vadis ?

LAÂM LEÃ TRINH

Le 17.7.1997

Thuûy Hoa Trang

Huntington Beach, Californie

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