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| La Phase Finale Du Conflit Vietnamien: Quel Roâle Effectif Jouaient Moscou Et Beijing?
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Lam Le Trinh / Laâm Leã Trinh |
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Homepage,
Acceuil, Trang Nha
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| Les
reùveùlations d A. Dobrynin et de King C. Chen
Le conflit vietnamien qui
dure 30 ans, de 1945 aø 1975, est le plus long du 20eøme sieøcle. Deùclencheù dans
des circonstances confuses , il s acheva dans des conditions non moins complexes. La
deuxieøme guerre mondiale en effet aø peine finie, une succession de tempeâtes
sabat sur la peùninsule indochinoise au passeù mouvementeù : la liquidation
sanglante du colonialisme francais, la lutte inexorable entre nationalistes et marxistes
locaux pour le pouvoir, les relations troubleùes avec le geùant chinois voisin,
lapparition antagoniste des deux Grands ameùricain et sovieùtique sur la sceøne
Sud Asiatique et l intervention des pays asiens . Fin 1995, Anatoly Dobrynin,
l ex ambassadeur russe aø Washington 24 ans durant , de 1962 aø 1986, publia chez
Random House , New York, ses meùmoires " In Confidence " dont plusieurs
chapitres sont consacreùs aø la fin de la guerre du Vieät Nam . Les deùtails
stupeùfiants qui y sont reùveùleùs sont compleùteùs par les recherches non moins
inteùressantes exposeùes par King C. Chen, professeur aø Rutgers University, dans son
livre " Chinas War With Vieät Nam , 1979, Issues, Decisions and
Implications " publieù en 1987 par Hoover Institution, Stanford CA .
Le preùsent article est un essai danalyse
des faits qui entourent une peùriode pas encore eùlucideùe de la guerre du Vieät Nam.
Dobrynin
: " L URSS fut aussi traumatiseùe par son propre syndrome vietnamien " .
Pendant la preùsidence de J.F. Kennedy, selon
Dobrynin , les deùmeâleùs avec Cuba attiraient l attention du public plus que la
crise vietnamienne bien qu aø l eùpoque, l Ameùrique eut plus de
16.000 hommes de troupes se battant sous le 17eøme paralleøle . Kennedy fut assassineù
le 22.11.1963 par Lee Harvey Oswald . De 1964 aø 1969 , la guerre contre le Nord VN fut
connue sous le nom " The Johnson War ". Lyndon Johnson liait en effet son
avenir politique aø l Indochine . Avec une eùquipe d experts agressifs tels
que Dean Rusk , les freøres Bundy, Robert McNamara ,Walt Rostow et le geùneùral Maxwell
Taylor, Johnson eùtait deùcideù de remporter la guerre aø tout prix.. Il s
eùtait confieù aø l ambassadeur Henry Cabot Lodge : Je nai pas
l intention de laisser le VN tomber dans les mains communistes ".
Les diffeùrences ideùologiques et geùo -politiques divisent les puissances impliqueùes
dans le conflit : Moscou et Beijing concoivent la guerre du VN comme une lutte pour la
libeùration alors que Washington s efforce de faire de ce pays une barrieøre pour
endiguer les vagues rouges deùferlant sur le Sud Est Asiatique . Cette strateùgie est
baseùe sur la theùorie dite du domino .
En Octobre 1964, le Politburo remplaca le
Seùcreùtaire geùneùral Krushchev par Leonid Brezhnev et nomma Kosygin Premier mInistre
. Le 3.11.1964 , Johnson fut eùlu Preùsident. Et la guerre de s intensifier au VN.
Le 10.2.1965, profitant de la visite de Kosygin aø Haønoäi, les communistes
attaqueørent Pleiku "sans preùvenir Moscou " (In Confidence, page 140 )
et ce, pour embarrasser les relations russo - ameùricaines. Johnson ordonna d
arroser le Nord VN de bombes. Pour la forme, Moscou protesta . Brezhnev et le Ministre des
Affaires eùtrangeøres Gromyko eùtaient en effet furieux de l initiative des
communistes vietnamiens car ils ne voulaient pas compliquer les neùgociations
eùconomiques en cours avec les EU. Les " vautours " au Pentagone, quant aø
eux, cherchaient l occasion d eùliminer la Chine avant qu elle ne
devint une puissance atomique. Ils preùconisaient d autre part , d exploiter
l antagonisme sino - sovieùtique . Johnson eùtait persuadeù que la pression
militaire forcerait Haønoäi, satellite de Beijing, aø revenir aø la table de
confeùrence aø Paris . Pour montrer que l Ameùrique n est pas un "
tigre de papier " , il rejeta la demande Nord Vietnamienne relative au retrait
preùalable des troupes US . En Mai 1964, Dean Rusk demanda aø Moscou de notifier les
communistes de l intention ameùricaine d arreâter provisoirement le
bombardement si ces derniers consentaient aø reùduire leurs activiteùs dans le Sud VN .
Haønoäi exigea les neùgociations directes. Gromyko dit aø Rusk " S il
vous plait, arreâtez de bombarder, on verra plus tard " .
AØ la meâme peùriode, le 23eøme pleùnum du
Parti communiste sovieùtique se reùunit aø Moscou. Plusieurs membres du Poliburo se
plaignent de la tension montante entre Washington, Beijing et Haønoäi . Brezhnev
deùplore cette situation et confie aø Dobrynin que l Union sovieùtique ne veut
pas " s enliser dans le marais vietnamien " . Le Kremlin est
coinceù dans un dilemme: d une part, l obligation ideùologique de supporter
militairement le Nord VN , un membre important du bloc marxiste international et la
neùcessiteù vitale , d autre part, de vivre en bons termes avec l Ameùrique
. Moscou - d apreøs Dobrynin - n avait pas monteù un plan speùcifique de
reùtablir la paix au VN et Haønoäi, de son coâteù , n avait pas informeù son
allieù de ses reùelles intentions . En Feùvrier 1967, Kosygin visita Londres et demanda
au Premier Ministre Harold Wilson d inciter Lyndon Johnson aø neùgocier au VN .
Cette deùmarche eùchoua . Le Poliburo accepta alors par un vote le meùmorandum de
Gromyko proposant la ligne diplomatique sovieùtique en 3 points : 1 ) Pour eùdifier le
socialisme et promouvoir l eùconomie, il est essentiel de sauvegarder la paix . 2 )
L Union sovieùtique continue d apporter son support au Nord VN contre les
agresseurs sans participer directement dans le conflit . 3 ) L Union sovieùtique
nobjecte pas aux neùgotiations avec les Eùtats Unis pour proteùger ses
inteùreâts aø condition de ne pas faillir aø son obligation aø l eùgard du VN
. L Union sovieùtique eùvite d opposer l Ameùrique et la Chine sur
les deux fronts .
AÙ la reùunion au sommet de Glassboro
, New Jersey, aø la fin de Juin 1967, Kosygin fait savoir qu il est improbable que
Haânoäi accepterait de neùgocier meâme dans le cas de l arreât des
bombardemants . Le mois suivant, Averell Harriman, Conseilller aø la Maison Blanche et de
tendance pacifiste, reùveøle aø Dobrynin que Lyndon Johnson n utiliserait pas
l arme atomique et n envahirait pas le Nord VN . D autre part, contre
l avis de certains membres de son entourage , Johnson refuse de soumettre une
requeâte au Congress aux fins de deùclarer officiellement la guerre aø ce pays .
Dans les pages 145,147 et 175 de ses meùmoires,
Dobrynin formule trois observations inteùressantes : 1 ). Vus de l exteùrieur, les
leaders nord vietnamienns paraissent unanimes sur la direction de la guerre et la conduite
des neùgociations de paix . Toutefois, l ambassadeur Jerszy Mikhalovsky ,
deùleùgueù polonais dans la Commission Internationale du controâle de paix au VN et au
Laos, a rapporteù aø Dobrynin quen Feùvrier 1968, alors que la guerre s
intensifia , le Premier Ministre Phaïm Vaên Ñoàng lui aurait confieù quil
serait d accord d accorder au VN Sud un statut de neutraliteù , "
modeøle cambodgien ". Ceci nest quune opinion personnelle . 2 ) Le
31.3.1969, avant de confirmer quil ne se repreùsenterait pas aux eùlections
preùsidentielles, Johnson invita Dobrynin aø la Maison Blanche pour annoncer sa
deùcision de reùduire unilateùralement les opeùrations militaires et de confier aø
Averell Harriman la mission de sonder Haønoäi . Par la meâme occasion, il demanda aø
l Union sovieùtique, en tant que co - preùsident de la confeùrence de Geneøve,
d intervenir aupreøs du Nord VN. Johnson surestimait les pouvoirs de persuasion de
Moscou . En reùaliteù, comme leurs homologues ameùricains, les dirigeants sovieùtiques
sont aussi sous l influence du " syndrome vietnamien " . Le
Poliburo supporte le Nord VN au nom de la " solidariteù du proleùtariat
international " mais sa preùoccupation majeure est d eùviter une
confrontation armeùe avec les Eùtats Unis. Brezhnev s est plaint une fois avec
Dobrynin que " l application aveugle de la solidariteù ideùologique " a
fait obstacle aux efforts de reùconciliation de Moscou et heurteù les inteùreâts
basiques sovieùtiques. 3 ) Sous Johnson, Washington eùchouait dans ses tentatives de
neùgocier avec Beijing aø travers Varsovie. Empeâtreùe dans les remous de la
Reùvolution Culturelle, la Chine s eùtait contenteùe de promettre de ne pas
intervenir au VN si l Ameùrique ne l attaquait pas sur son territoire .Mao
Tseù Tung ne meùnageait pas ses mots contre Washington mais ne deùsirait pas un conflit
direct .
La deùcision de Johnson de ne pas se
repreùsenter aux eùlections eùbahit le Kremlin . Nixon fut eùlu en Novembre 1968
graâce aø sa promesse de vietnamiser la guerre . Avec l aide dynamique de
Kissinger , Nixon prenait des initiatives dans sa politique exteùrieure, utilisait aø
fond les reùseaux secrets de communication directe avec Moscou et eùchafaudait une
" strateùgie diplomatique tripartite Washington - Moscou - Beijing " en
renouant avec la Chine apreøs plusieurs deùcennies d antagonisme . L
objectif nixonien est de preùparer un retrait du VN dans l honneur sans creùer
limpression que l Ameùrique perd la guerre et sans entrainer un changement
urgent de reùgime au sud du 17eøme parralleøle. . Sous Nixon, les neùgotiations de
paix aø Paris passent par 3 phases successives : 1 ) De 1969 aø 1972 : Pour forcer
Brezhnev aø accepter une rencontre au sommet , Kissinger est alleù en Chine visiter le
Premier Ministre Chu En Lai deux fois aø la fin de 1971 et obtint de Mao Tseù Tung
l invitation de Nixon aø se rendre aø Beijing au deùbut de 1972 . La Chine
n eùtait que trop heureuse de sortir de son isolation et d eâtre reconnue
enfin comme une puissance . Le probleøme vietnamien cependant eùtait loin d eâtre
reùsolu , Haønoäi se montrant intransigeant dans ses conditions . 2 ) . De la reùunion
Nixon - Brezhnev aø Moscou le 22.5. 1972 aø la reùeùlection de Nixon en Novembre 1972
; Les uniteùs nord vietnamiennes - armeùes 90% par l Union sovieùtique -
envahirent le VN Sud. Washington demanda l intervention urgente de Moscou pour
arreâter les opeùrations et meùnager une entrevue de Kissinger avec les eùmissaires
nordistes . Requeâte rejeteùe . Et Nixon d ordonner le bombardement de Haønoäi ,
Haûi phoøng et autres bases militaires. Les communistes vietnamiens attaquaient de plus
belle pour faire eùchouer la rencontre au sommet russo - ameùricaine. Le Comiteù
central du Parti communiste sovieùtique se reùunit alors en session speùciale avec ses
200 membres . Consideùrant que les agissements du Nord VN portaient gravement atteinte
aux inteùreâts vitaux de l Union sovieùtique, le Comiteù autorisa la reùunion
Nixon - Brezhnev aø s ouvrir aø la date preùvue . Dans son livre, page 254,
Dobrynin commente : " Pour la premieøre fois, la raison pratique et la sagesse
triomphent des consideùrations ideùologiques ! " . Aux Eùtats Unis, aø
cette eùpoque, eùclataient partout des manifestations en faveur de la paix et l
opinion publique eùtait eùchauffeùe aø l approche des eùlections
preùsidentielles de Novembre . D autre part, l affaire Watergate eùmeutait
les meùdias. Ces pressions forceørent Nixon aø de nouvelles concessions aø la
confeùrence de Paris. 3 ) Du traiteù de Paris aø la deùmission de Nixon en Aout 1974 :
Dobrynin confirme que le gouvernement de Haønoäi n a pas tenu le Kremlin au
courant des deùtails des neùgotiations et de ses intentions finales bien qu il
recut sans interruption l aide militaire et financieøre de Moscou . Sur ce plan,
Brezhnev entretenait avec Kissinger des contacts bien plus eùtroits et permanents
qu avec Leâ Ñöùc Thoï. Dobrynin note encore que Chu En Lai renvoyait toujours
la responsabiliteù aø Moscou chaque fois que Washington lui demandait d intervenir
aupreøs de Haønoäi. Finalement le traiteù de Paris fut signeù le 27.1.1973 apreøs
plusieurs anneùes de marchandages . Avant la signature, Nixon avait demandeù aø
Kissinger de communiquer aø Brezhnev les 14 pages photocopieùes du traiteù avec ses
annotations personnelles . " Le coâteù (communiste) vietnamien ne prit meâme
pas la peine de nous faire connaitre l existence de ce document ! "
, Dobrynin eùcrit - avec deùpit - dans ses meùmoires, page 269.
Le Kremlin est eùtonneù d apprendre que
Nixon deùmissionne aø cause du scandale Watergate . En effet, Brezhnev et ses
colleøgues trouvent tout naturel que le gouvernement espionne les gens au teùleùphone .
Autre reùgime, autres moeurs. Apreøs Nixon, Geùrald Ford et Henry Kissinger se
montreørent impuissants devant les violations flagrantes du traiteù de Paris par les
communistes vietnamiens . Le VN Sud fut envahi sans reùpit . Washington sen lava
les mains . Saøigoøn et Phnom Penh tombeørent . Le 19.4.1975 , Dobrynin transmit aø
Brezhnev un teùleùgramme de Kissinger demandant son intervention aupreøs de Haønoäi
pour suspendre les bombardemants durant l eùvacuation des ressortissants
ameùricains de Saøigoøn. Cette requeâte fut accepteùe , seulement pour deux jours. Le
28 Avril. Moscou ordonna aø Dobrynin de remettre aù Brent Scowcroft , Conseiller aø la
Seùcuriteù Nationale US, un message de Haønoäi libelleù comme suit : " Le
gouvernement vietnamien est deùsireux d eùtablir de bonnes relations avec
les Eùtats Unis. Le VN n entretient pas de haine aø l encontre des Eùtats
Unis et espeøre qu il en sera de meâme de la part des E.U " . Döông
Vaên Minh se rendit le 30.4.1975. Quelques semaines apreøs, Scowcroft fit parvenir aø
Dobrynin la reùponse de la Maisom Blanche . Les Eùtats Unis proposent que les deux
nations agissent sur la base invoqueùe ci dessus. Les documents en question n ont
jamais eùteù rendus publics.La dernieøre page du drame vietnamien est tourneùe.
King C. Chen : Le clash
entre les freøres ennemis.
Dobrynin ne
donne pas de deùtails sur l aide militaire et eùconomique accordeùe par la Chine
et l URSS au Nord VN avant Avril 1975 de meâme que sur les frictions sino - russes
durant le conflit indochinois . En plusieurs endroits de ses Meùmoires , l auteur
note sommairement la suspicion reùcriproque entre les trois grands ( Chine,Union
Sovieùtique et EU ), chacun redoutant que les deux autres ne s allient pour rompre
l eùquilibre des forces. Nixon et Carter, en particulier, ont essayeù d
exploiter la carte chinoise contre Moscou . Les deux livres " Chinas War
With VN , 1979 " ( Hoover Institution Press , Stanford University, 1987 ) et
" China and Vieät Nam , 1938- 1954 " (Princeton University Press,
1969 ) du Professeur King C. Chen reùpondent , heureusement , aø ces questions.
Des sieøcles durant , l histoire des
relations sino - viet s est deùveloppeùe suivant un modeøle particulier . Chaque
fois que la Chine puissante se montre magnanime et coopeùrante , le minuscule VN se
reùsigne aø son statut deùtat vassal et apprend volontiers du suzerain voisin .
Quand la Chine est diviseùe et deùsinteùgreùe , le Vieät Nam en profite pour
fortifier son indeùpendance . La Chine devient elle agressive , le Vieät Nam de
reùsister avec feùrociteù. L alliance russo - viet aø la fin du 20eøme sieøcle
a bouleverseù lesdites relations . L inteùreât national et les exigences
strateùgiques ont affaibli la solidariteù ideùologique du camp marxiste . Beijing avait
supporteù aø fond Haønoäi dans les deux sanglantes guerres indochinoises 1946- 1954 et
1964- 1975 contre la France et l Ameùrique . Cependant , apreøs la Reùvolution
Culturelle chinoise ( 1965 - 1976 ) , le VN se jette dans les bras sovieùtiques . Ce
changement de cap a traverseù deux phases difficiles :
1 - Pro chinois par neùcessiteù mais
bientoât seùpareù par des divergences insurmontables. De nombreux documents
deùclassifieùs prouvent que la Chine nintensifie reùellement son aide aux
communistes vietnamiens qu au deùbut de 1950 pendant la 1eøre guerre indochinoise
, apreøs la visite de Hoà aø Mao. Avant l attaque en automne 1960, les
conseillers chinois au Yunnan et au Guangxi avait fini d entrainer 5 divisions Viet
Minh preâtes au combat et armeùes de 30 canons, 140 mortiers, 230 mitrailleuses et
100.000 fusils. Les forces de reùsistance vieät remporteørent par la suite des
victoires aø Cao Baèng et Laïng Sôn, aneùantissant 10.000 soldats francais. Les
geùneùraux chinois tels que Wei Guoqing, Cheng Geng et Luo Guibo organiseørent et
guideørent la nouvelle armeùe nord vietnamienne dans ses campagnes de la Moyenne
Reùgion du Fleuve Rouge (1951), du Nord East (1951), de Ninh Bình (1951), du Nord Ouest
(1952) et du Haut Laos (1952). D apreøs le journal Le Monde, du 10.11.1952, le
nombre total des conseillers chinois aupreøs des troupes vieät atteignit aø ce moment
le chiffre de 4000. Beijing Review , dans son article " More on
Hanois Whitebook " eùcrit comme suit sur le sieøge de Ñieân Bieân
Phuû qui durait de Deùcembre 1953 aø Mai 1954 : " Armement, ammunition,
eùquipement de communication, meùdecines et rations alimentaires, tout eùtait fourni
par la Chine " . Eisenhower refusait d envoyer l US Airforce
au secours les Francais . Ñieân Bieân Phuû tomba le 7.5.1954, juste un jour avant la
Confeùrence des 9 nations aø Geneøve pour trancher la question Indochinoise .Les chefs
militaires francais eùtaient d accord avec Hoaøng Vaên Hoan qui deùclara : "
Sans l artillerie envoyeùe par la Chine, il n aurait pas eùteù
possible de deùtruire les fortifications des troupes francaises" . Et Hoan
d ajouter : " Sans la participation personnelle du Camarade Wei
Guoqing aø la direction du combat , il aurait eùteù difficile de remporter une victoire
compleøte ".
La confeùrence de Geneøve comporte une seùrie
d accords sur le cessez - le - feu, le partage du VN au 17eøme paralleøle , la
prohibition de former des alliances militaires entre les eùtats indochinois, l
institution dune Commission internationale de controâle d armistice et
l organisation des eùlections pour unifier les 2 Vieät Nams en Juillet 1956 .
Quand la peùriode de lune de miel sino - vieät eùtait termineùe, Haønoäi publia son
" Livre Blanc " pour accuser Beijing de trahison et d avoir barreù
- de connivence avec la France - son plan d envahir le VN Sud apreøs Ñieân Bieân
Phuû . Selon King C. Chen , la veùriteù est diffeùrente : en 1954, le deùceøs de
Staline rendait possible la reùalisation du plan mondial de paix en Indochine , l
URSS s entendant avec la Chine pour forcer le Nord VN aø s asseoir aø la
table de confeùrence. Les communistes vietnamiens, deùpiteùs par cette manoeuvre ,
gardent cependant un mutisme complet sur le roâle propondeùrant de Molotov , promoteur
des deùcisions importantes aø Geneøve .
Dans la deuxieøme guerre au VN (1964- 1975),
les EU ne se sont engageùs seùrieusement qu apreøs l attaque
communiste " dans le Golfe du Tonkin au deùbut d Aout 1964. Krushchev ne paya
pas une particulieøre attention aø Hoà Chí Minh et fut destitueù en Octobre par le
Politburo . Mao , au contraire, utilisait aø fond le pion vietnamien . En Feùvrier 1965,
l US Airforce arrosa Haønoäi de bombes durant la visite du Premier Ministre
Kosygin . Sous la pression chinoise et nordvietnamienne, Moscou protestait , pour la
forme. Pour garder l initiative d action, le Kremlin proposait un programme
commun d aide au VN en 5 points : transfert de l armement sovieùtique aø
travers le territoire chinois, utilisation de deux aeùroports dans le Yunnan, ouverture
d un corridor aeùrien au dessus de la Chine, permission pour 4000 hommes de troupe
russes de transiter par la Chine en se rendant au VN et reùunion trilateùrale (Beijing
-Moscou - Haønoäi ) pour discuter des deùtails de ce plan. Le Premier Ministre Phaïm
Vaên Ñoàng consentit avec enthousiasme mais Mao opposa un refus cateùgorique,
excepteù pour le transfert de l armement.
Fin 1965, au tour de Beijing de formuler son
plan politique avec 5 objectifs : Augmenter l aide militaire et eùconomique au Nord
VN pour lui permettre d atteindre l eùtat d autosuffisance ; pas de
guerre sino - ameùricaine aø propos du VN , la Chine n attaquerait que si elle est
attaqueùe ; rejet du plan sovieùtique d action unifieùe, excepteù pour les
droits de transit de l armement destineù au VN ; pas de neùgotiations de paix avec
les EU , Haønoäi eùtant encourageù aø lutter jusquaø la victoire finale ; la
Chine interviendrait sur l invitation de Haønoäi si la guerre dirigeùe contre le
Nord VN menace la seùcuriteù de la Chine .
Entretemps, deux eùveùnements importants
changeørent la situation : 1 ) La Reùvolution Culturelle se deùchaina en Chine
en Novembre 1965 pour durer une deùcennie . Mao l avait preùpareùe de longue date
, dans le but d eùliminer les eùleùments pro capitalistes et deùviationnistes
dans le Parti Communiste Chinois . Mao avait preùvu l impact de ce mouvement sur la
guerre du VN . En effet, dans un message sous la forme d un article intituleù
" Long live the victory of Peoples War " signeù par Lin
Piao dans Peking Review en Septembre 1965 , Mao rappela :" La reùvolution ou la
guerre populaire dans n importe quel pays est l affaire des masses de
ce pays et devrait eâtre exeùcuteùe en premier lieu par leus propres efforts ; il
n y pas d autre alternative " . Mao s oppose eùnergiquement
aø l ideùe d une seconde guerre coreùenne qui ne profiterait qu aø
l URSS . 2 ) Pour la premieøre fois, la Russie sovieùtique eùtendit son
influence en Indochine . L aide russe aø Hanoäi fut tripleùe aø travers le
Guangxi , comprenant autos blindeùes et avions de chasse . En meâme temps, Moscou durcit
son attitude aø l eùgard de Washington . La compeùtition avec les EU force
l URSS aø pratiquer la politique de la deùtente et, paralleølement, aø se
reùarmer . En Asie, le Kremlin resserre ses relations avec l Inde . l Iraq,
l Afghanistan , le Yeùmen Sud et la Syrie. Vieät Nam est strateùgiquement
important avec sa baie Cam Ranh et le parti communiste qui y est solidement organiseù .
Avec Cam Ranh et Vladivostok , la Russie s estime invincible .
2 - Haønoäi recherche l alliance
sovieùtique pour unifier le VN et dominer l Indochine . Au Nord NV , Leâ
Duaãn est le leader de la tendance pro russe . Le Kremlin fait tout pour consolider sa
position .En 1966, le 23eøme pleùnum acclama Duaãn comme Seùcreùtaire Geùneùral du
Parti communiste vietnamien ou PCV. AØ la diffeùrence de la Chine , le VN aø l
eùpoque ne fut pas bouleverseù par sa propre Reùvolution culturelle, recut
reùgulieørement l aide geùneùreuse russe, envisagea avec optimisme l
aboutissement de la guerre et consideùra comme une " trahison " le
rapprochement de Beijing avec Washington. Ces facteurs travailleørent en faveur de Leâ
Duaãn . AØ partir de 1967, le Nord VN tourna le dos aø Beijing et s ouvrit aux
neùgotiations de paix . Le 31.3.1968, apreøs l attaque du Nouvel An, Lyndon
Johnson proposa et Leâ Duaãn accepta une prise de contact entre les deux parties . Pour
manifester son meùcontentement, Beijing n en mentionna pas un seul mot sept mois
durant et critiqua avec veùheùmence la punition infligeùe par le Kremlin aø la
Tcheùcoslovaquie.
En Mars 1969, Russes et Chinois en vinrent aux
mains aø propos d une dispute de frontieøres. Les troupes ameùricaines
commenceørent aø se retirer du VN . Mao pensait , pour cette raison, que l ennemi
futur de la Chine serait dans le Nord plutoât que dans le Sud. Hoà Chí Minh treùpassa
en Septembre 1969. Deùbut 1970, les EU envahirent le Cambodge et les troupes de la
Reùpublique du VN Sud intervinrent au Laos en Mars 1971 , ce qui provoqua une
protestation commune de Moscou et Beijing . Soudainement en Feùvrier 1972, Mao recut
Nixon . Haønoäi paniqua et proclama " l Ameùrique est l ennemi #1
de toutes les nations du globe " . En Mai 1972, Brezhnev, aø son tour, rencontra
Nixon aø Moscou apreøs le bombardement intensif du Nord VN. Haønoäi ne reùagit pas
cette fois ci .
AØ la fin de 1972, il ne reste plus que 24.200
soldats US au dessous du 17eøme parralleøle. En Janvier 1973, la deùleùgation nord
vietnamienne revint aø la confeùrence de Paris pour signer le document final. AØ Noel,
les Ameùriocains avaient augmenteù leurs bombardements . Beijing applaudit la signature
du traiteù ." Le Traiteù diminuera la tension en Asie et dans le monde
", dit son porte- parole. Haønoäi n aima pas beaucoup cette deùclaration .
Contrairement aø ce qui se passa aø Geneøve en 1954, Beijing ne joua pas en effet un
roâle actif dans les neùgotiations aø Paris . 50.000 militaires chinois furent
rapidement rapatrieùs apreøs la fin de la confeùrence . Leâ Duaãn se rendit aø
Beijing aø la teâte d une deùleùgation . Mao lui conseilla de se contenir et
d unifier le VN en deux eùtapes : d abord, forcer l Ameùrique aø
eùvacuer toutes ses troupes du pays, ensuite liquider " l armeùe de Nguyeãn
Vaên Thieäu " . Les circonstances subseùquentes aux EU furent neùfastes au VN Sud
. En Novembre 1973, le Congreøs US vota la loi deùnommeùe " The War Powers Act
" et reùduisit l aide aø Saøigoøn de 1,5 milliard aø 700 millions de
dollars. Nixon deùmissionna en Aout 1974. Mao en fut surpris mais bien plus surpris par
la victoire rapide du Nord VN.
AØ ce jour, les gouvernements russes et chinois
n ont pas reùveùleù en deùtails l assistance, militaire et eùconomique,
accordeùe aux communistes vietnamiens juqu en Avril 1975. Les chiffres publieùs,
s il y en a, sont gonfleùs dans un but de propagande et deøs lors , sont söjets
aø caution . Dans le document " Distortion of Facts " citeù ci dessus,
Hoaøng Vaên Hoan affirme que 320.000 militaires chinois servaient au VN de 1965 aø 1971
dans toutes les branches : artilleurs, ingeùnieurs, baâtisseurs,..etc..sous la
denomination commune " soldats- ingeùnieurs ". Selon King C. Chen , les
speùcialistes chinois eùtaient rapatrieùs apreøs un an et annuellement, environ 50.000
eùtaient envoyeùs au Nord VN .En Avril 1972, le Deùpartement d Eùtat Ameùricain
a publieù le tableau comparatif ci dessous, calculeù en dollars, des montants d
aide sovieùtique et chinoise au gouvernement de Haønoäi de 1965 aø 1971 :
|
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
| Aide russe |
295 |
510 |
705 |
530 |
370 |
420 |
415 |
| Militaire |
210 |
360 |
505 |
290 |
120 |
75 |
100 |
| Eùconomique |
85 |
150 |
200 |
240 |
250 |
345 |
315 |
| Aide chinoise |
110 |
170 |
225 |
200 |
195 |
150 |
175 |
| Militaire |
60 |
95 |
145 |
100 |
105 |
90 |
75 |
| Eùconomique |
50 |
75 |
80 |
100 |
90 |
60 |
100 |
Le preùsent article est limiteù
aø l anneùe 1975 qui marque la chute du VN Sud . Apreøs la reddition de
Saøigoøn , les relations sino - vieät , deùjaø tendues, deùteùriorent davantage
pour plusieurs raisons . En Feùvrier 1979, Deng Tsiao Ping surprit le monde entier en
lancant par vagues successives l armeùe populaire chinoise aø l assaut de la
reùgion frontalieøre vietnamienne pour raser les provinces de Laïng Sôn, Cao Baèng,
Hoaøng Lieân Sôn, Quaûng Ninh, Lai Chaâu et Hö Huyeân . La confrontation sanglante
dura 16 jours pour se terminer avec les proclamations orbi et urbi des deux
coâteùs qu ils eùtaient victorieux. Dix neuf anneùes se sont eùcouleùes depuis
. Le spectre de cette guerre fratricide hante encore les relations entre les deux nations
limitrophes qui s eùtaient jureù auparavant de rester eùternellement solidaires
" comme dents et leøvres " . Pour un moment , le groupe de l ASEAN
redoutait l eùlargissement du conflit dans l Asie du Sud Est . Ceci sera
abordeù dans un autre article.
L implication des Etats Unis , de l
USSR et de la Chine dans le conflit indochinois a laisseù derrieøre elle des lecons
ameøres non seulement aø ces puissances mais encore - et surtou! - au malheureux peuple
vietnamien , victime directe et principale . L une des lecons , salutaire , est que
toute ideùologie d importation eùtrangeøre ne parviendra jamais aø l
emporter sur les inteùreâts fondamentaux de la nation . Comme deùmontreù ci dessus, le
socialisme a eùteù utiliseù par les impeùrialistes comme un instrument d
heùgeùmonie. L USSR et la Chine ont toujours placeù les inteùreâts basiques de
leur peuple au dessus du marxisme leùniniste quand ces inteùreâts sont menaceùs
directement . L autre lecon, non moins preùcieuse, est que l appui (
inteùresseù ) d un " allieù superpower " dans la lutte pour l
indeùpendance nationale d un pays (proteùgeù ) ne manque pas d eâtre une
expeùrience cruelle et deùcevante quand cette lutte n a pas l appui entier
et ferme de la masse populaire dans ce pays.
En veùriteù, seul le Peuple -
uniquement le Peuple - peut creùer la Leùgitimiteù qui est la cleù de la
victoire finale .
LAÂM LEÃ TRINH
Le 23. 2.1998
Thuûy Hoa Trang.
Huntington Beach, Californie |
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