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Chine & Vietnam: Le Spectre De Deng Dans Le Cauchemar De La Deùmocratisation
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Lam Le Trinh / Laâm Leã Trinh |
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Acceuil, Trang Nha
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Washington et
l opinion publique ameùricaine restent diviseùs quant aø eùvolution politique de
la Chine et du Vietnam. Nombre de politologues releøvent qu apreøs deux
deùcennies de reùformes eùconomiques, Beijing et Hanoi restent reùpressifs et
autocratiques . En particulier, la Chine menace la paix mondiale en diffusant l
arme nucleùaire et en recourant aø des pratiques commerciales unorthodoxes. La
strateùgie d engagement constructif de Bill Clinton na pas reùussi aø
persuader la Chine de s ouvrir davantage et de conceùder sur le plan des droits de
lhomme.
Limpact profond des reùformes politiques
de Deng Xiaoping.
La cause majeure de ce deùbat brulant sur les
relations sino- ameùricaines provient de l ignorance des changements politiques
profonds sur la Chine pendant plus de deux deùcennies. Dans le passeù, la
meùconnaissance des reùaliteùs politiques chinoises a conduit aø une eùvaluation
erronneùe du futur de la Chine . AØ Beijing, une troisieøme geùneùration ,
repreùsenteùe par le Preùsident Jiang Zemin, a pris les reânes du pouvoir. Le public
ameùricain , d ordinaire, identifie restrictivement la reùforme politique aø la
deùmocratisation . Les politiciens et le milieu meùdiatique aux Eùtats Unis mesurent
les progreøs de cette reùforme en se basant sur un seul fait : lorganisation des
eùlections libres et ouvertes. Cependant la deùmocratisation n est pas l
eùleùment unique de la reùforme, speùcialement dans les pays ouø les institutions les
plus rudimentaires de gouvernment font deùfaut. Dans les nations deùveloppeùes, l
histoire montre que la reùforme politique a trois composantes essentielles : l
eùtablissement des normes qui gouvernent l eùlite des dirigeants, la
restructuration des institutions basiques qui reùgissent les relations entre les
diffeùrents corps de l eùtat et enfin, le renforcement des institutions de
participation politique .
Le systeøme quheùritait Deng Xiaoping en
1978 n avait pas de telles normes. Ses institutions governementales de base , en
particulier le systeøme leùgal et la bureaucratie, ont eùteù seùrieusement
bouleverseùes par le deùbaâcle eùconomique et politique du Grand Saut en avant de 1958
et la Reùvolution culturelle de 1966 aø 1976. Il n y avait pas aussi d
institutions de participation politique. Sous Mao Zedong, les campagnes politiques de
masse et la violence de la populace ont eùteù les formes principales de participation .
Deng entreprit de reconstruire le systeøme deùcreùpit de la Chine et reùformer son
eùconomie arrieùreùe en meâme temps. Sous sa direction, malgreù l absence de
deùmocratisation, d importants changements politiques ont eùteù accomplis durant
deux deùcennies dans les domaines suivants :
1 - Restaurer l ordre dans
le Parti Communiste Chinois ou PCC . Le reøgne dictatorial de Mao avait
meurtri terriblement l eùlite du pays. Trois fois victime de la lutte pour le
pouvoir, Deng comprenait mieux que quiconque l inseùcuriteù personnelle de la
classe dirigeante. Meâme aux niveaux les plus eùleveùes, la deùfaite entrainait un
prix infini : purge sanglante et exil. Feùrociteù et intrigue caracteùrisaient l
eøre maoiste. Les rivaux preùfeùraient tout risquer que tout perdre. En Feùvrier 1980,
Deng fit adopter par le PCC un document sensationel deùnommeù " Quelques
principes sur la politique interne du Parti " preùcisant les droits basiques des
membres du PCC et eùtablissant un processus de succession ouverte et compeùtitive qui
rend l eùchec politique moins cruel dans ses effets. Cest ainsi que les deux
successeurs de Deng - Zhao Ziyang et Hu Yaobang - eurent leur chute " amortie "
quand ils quittaient le pouvoir, avec seùcuriteù personnelle assureùe et privileøges
mateùriels maintenus . Au lieu de faire lobjet des liquidations massives et
impitoyables comme au temps de Mao , les perdants sous Deng sont exclus de leurs postes
pour amoindrir l impact sur la stabiliteù du reùgime. Et il n est pas rare de voir les
victorieux co-opter les partisans des leaders deùfaits.
2 - La retraite obligatoire est
d autre part deùcreùteùe par Deng pour les officiels du Parti et du gouvernent. Cette limitation de
mandat ( term limits ) a un effet deùcisif sur la composition des dirigeants . AØ partir
de 1982, l aâge de la retraite des ministres, seùcreùtaires provinciaux du Parti,
et gouverneurs est fixeù aø 65 et celui de leurs adjoints, aø 60. La limitation aø
deux termes en fonction est aussi imposeùe aø toutes les positions dans le parti et le
gouvernement . La combinaison de l aâge de la retraite et la limitation aø deux
termes a empeâcheù la perpeùtuation des pouvoirs individuels et acceùleùreù l
ascension de la nouvelle geùneùration . Presque instantaneùment, elle transformait
l eùquipe dirigeante domineùe par des eùleùments pauvrement instruits et des
reùvolutionnaires croulants en une eùlite essentiellement de technocrates d aâge
moyen . Jusqu en 1982, l aâge des ministres et vice- ministres dans le
Conseil de l Eùtat, geùneùralement, ne deùpasse pas 64. Seulement 37% des
membres sont diploâmeùs des colleøges. Apreøs la mise en application du systeøme de
retraite forceùe , l aâge moyen des ministres et vice- ministres est reùduit aø
58 , et 52% sont du niveau universitaire . Il en est de meâme dans le Comiteù Central du
PCC : En 15 ans, l aâge commun des membres deùclinait de 59 aø 56, alors que la
proportion de ceux ayant recu un enseignement supeùrieur s eùlevait de 55 aø 92%
. Les cadres dirigeants dans les provinces chinoises subissent les meâmes transformations
: L aâge moyen des seùcreùtaires du parti et des gouverneurs- 62 en 1982 -
eùtait 55 en 1983 et depuis, est resteù au dessous de 55 .Pendant la meâme peùriode,
la proportion des dirigeants provinciaux , sortis des universiteùs, s eùlevait de
20% en 1982 aø 79% en 1996 . Compareùes aø la Russie sovieùtique sous Leonid Brezhnev
dont la politique de " stabiliteù des cadres " causait la stagnation politique
et eùconomique des anneùes 70 et 80, ces statistiques preùsentent un contraste frappant
. En Russie, de 80 aø 89 % des membres titulaires du Parti Communiste eùtaient
reùeùlus aø chaque congreøs ( alors qu en Chine, cette proportion est seulement
41% en 1987) . En fait, il faut attendre jusquen Juin 1988 sous Mikhail Gorbatchev
pour voir le systeøme de la retraite obligatoire introduit chez les russes aø 70 ans
d aâge . En Chine, seulement la moitieù environ des membres communistes aø part
entieøre pouvait eâtre reùeùlue aø chaque congreøs du PCC .
3 - Reùduire les chances de conflit aø
l inteùrieur du Parti est l autre effet subtile atteint par Deng en
imposant le systeøme de la retraite obligatoire. Une des erreurs majeures du PCC dans les
anneùes 50 fut de maintenir trop longtemps la premieøre geùneùration de
reùvolutionnaires aø leurs postes , causant une profonde frustration chez les jeunes
ambitieux. Mao exploitait ce meùcontentement aø son avantage durant la Reùvolution
culturelle. La retraite obligatoire , sous Deng, favorise la promotion de la deuxieøme
geùneùration et freine les tentations de celle ci de s engager dans des
conspirations politiques pour avancer plus vite . L eùlite dirigeante chinoise est
, d autre part, " homogeùneùiseùe " : la combinaison de l
eùducation universitaire et de la limite d aâge a creùeù une nouvelle classe de
leaders ayant une expeùrience sociale et des projections politiques aø peu preøs
semblables. Le conflit deùprimant des geùneùrations - un trait reùgulier sous Mao -
est consideùrablement amoindri. Atteùnueù aussi est l aâpre deùbat
ideùologique qui empoisonnait la politique chinoise au deùbut des anneùes 80.
.Pour preùvenir la monteùe des ideùologues de
gauche et de droite ,Deng adoptait la compeùtition limiteùe pour les postes dans le
Parti. Introduite en 1987 sous preùtexte d eùlargir la deùmocratie dans les rangs
communistes, la reùforme prescrit que le nombre des candidats deùleùgueùs au congreøs
du parti deùpasse de 20% le nombre des positions . De meâme, le nombre des candidats
briguant le titre de membres titulaires du parti et aspirant aø un sieøge dans le
Comiteù Central doit exceùder de 5% le nombre preùvu pour chacun de ces deux
organismes. Lesdites mesures, bien qu ayant un effet neùgligeable sur la
deùmocratie intra-parti, empeâchaient l apparition des libeùraux radicaux et des
conservateurs dans le PCC. Une conseùquence involontaire eùtait l eùchec des
enfants de la premieøre geùneùration des leaders - surnommeùs les "petits
princes ou princelings " - aø se faire eùlire dans les instances susviseùes.
Leur disparition comme force politique est deùfinitive dans le milieu des anneùes 90.
Les reùformes de Deng ont contribueù aussi aø la reùcente transition stable de pouvoir
de Deng au groupe de Jiang . L eùlite dirigeante apreøs Deng semble pouvoir
compromettre sur l essentiel de la conduite politique et les sujets personnels sans
recourir aux proceùdeùs unorthodoxes.
4 - La restructuration de l Eùtat sans
reùduire les pouvoirs du PCC est l ambition ultime de Deng. Ce probleøme ne
rallie pas facilement toutes les opinions. Les reùformes aø ce niveau sont techniquement
complexes et se heurtent aux inteùreâts acquis aø l inteùrieur du gouvernement.
Toutefois elles sont une neùcessiteù urgente avec la double transition de la Chine aø
un systeøme politique moins centraliseù et aø une eùconomie de marcheù aø partir
dune eùconomie planifieùe. Ces transitions exigent une redeùfinition du pouvoir
entre les diverses branches de l Eùtat. Sans une telle " refonte " des
roâles ( preùfeùrablement codifieùe dans la constitution ), la deùcentralisation
conduirait ineùvitablement aø la friction aø l inteùrieur de l appareil
eùtatique alors que les reùformes orienteùes vers la libre concurrence ne manqueraient
pas d eâtre eùtrangleùes par les institutions de l ancien systeøme .
Les challenges auxquels Deng fait face dans
l eøre post- maoiste ne sont pas familiers aux deùmocraties occidentales. Dans
l Ouest, la charpente constitutionnelle et les institutions conduisant au
deùveloppement d une eùconomie de marcheù ont eùteù eùtablis avant le
deùcollage eùconomique . La claire division des pouvoirs entre les branches
gouvernementales augmente la seùcuriteù de la proprieùteù et permet l
exeùcution des contrats . D autre part, la monteùe eùconomique dans l Ouest
proceøde lentement , donnant du temps aux systeømes politiques de ces pays d
ajuster leurs institutions . La Chine, quant aø elle , aø la fin des anneùes 70,
manquait d institutions neùcessaires aø une eùconomie de marcheù, telles que le
reøgne du droit ( the rule of law ) et une claire deùfinition du pouvoir
aø l inteùrieur de l eùtat. AØ la diffeùrence de l Occident, la
Chine devait restructurer ses institutions politiques et, en meâme temps, moderniser son
eùconomie .
Le deùveloppement
eùconomique rapide de la Chine exacerbait les accrochages entre les autoriteùs centrales
et provinciales et de l autre coâteù, entre l eùtat et la socieùteù. Il
fallait 47 ans aø l Ameùrique pour doubler son revenu par teâte d habitant
. AØ la Chine, seulement 9. Durant les dernieøres 18 anneùes, la Chine a quadrupleù ce
revenu. Mais derrieøre ces succeøs, se cachent une massive dislocation
socio-eùconomique, un virement rapide des valeurs et croyances et une pression
grandissante sur le systeøme politique d eùtablir des institutions mieux
approprieùes. Tout en proclamant la supreùmatie du PCC, Beijing a permis des reùformes
institutionnelles limiteùes qui, si elles sont mises en oeuvre, auront un impact profond
sur la division des pouvoirs en Chine. Deux reùformes , en particulier, meùritent
d eâtre noteùes :
A - Renforcer lautoriteù du
Congreøs National du Peuple (NPC ) qui sous Deng, sort de son roâle de
beùni-oui-oui pour eâtre un potentiel challengeur du CCP , jusque laø deùtenteur
unique du pouvoir. Ces dernieøres anneùes ,le NPC a fait valoir ses preùrogatives comme
le corps leùgislatif supreâme de la Chine . Sans confronter directement le CCP, ses
membres parrainent leurs propres projets de lois, deùbattent activement , amendent la
leùgislation proposeùe et, occasionnellement, bloquent ou votent contre les propositions
de lois importantes. Ayant le pouvoir de confirmer ou rejeter les personnes deùsigneùes
par le CCP aux postes exeùcutifs supeùrieurs , le NPC cause souvent des embarrassements
au Parti . Pendant la session de Mars 1995, un tiers des deùputeùs opposa publiquement
la nomination d un membre du Politburo comme Vice Premier Ministre . Pour montrer
leur meùcontentement au sujet de l expansion des crimes et de la corruption, 32%
des membres du NPC voteørent contre le rapport annuel de la Cour Supreâme .
Dans les provinces, la fissure entre le Corps
leùgislatif et le CCP est plus visible . En 1988, le systeøme de " seùlections
" compeùtitives limiteùes fut introduit pour permettre aux deùputeùs des
Congreøs provinciaux populaires de nommer leurs propres candidats qui concourent avec les
personnes choisies par le CCP. Bien qu ils confirment routinement les nominations
par le CCP aux fonctions de gouverneurs et vice- gouverneurs, il est parfois arriveù aø
ces deùputeùs de rejeter les " poulains " du parti aux postes moins importants
et dy placer les hommes de leur gout .D apreøs les statistiques dans 20% des
provinces, 15% de candidats sont eùlus de cette manieøre.
L indeùpendance croissante du NPC a
donneù aø cette institution plus de creùdibiliteù. Un sondage dans la revue Far
Eastern Review fin 1994 trouve que les citoyens regardent de plus en plus le NPC comme
le canal pour exprimer leurs doleùances. 22% disent quils approcheraient les
deùputeùs du Congreøs Populaire pour porter plainte , c est aø dire une
augmentation de 13% par rapport aø 1988.
La deùcentralisation du pouvoir aø
linteùrieur du reùgime permet au NPC de reùclamer un roâle leùgitime de
leùgislation. La deùsignation de plusieurs poids lourds politiques aø la teâte de son
Comiteù Permanent donne au NPC un pouvoir suppleùmentaire de marchandage dans les
cercles gouvernementaux .La situation est similaire dans les provinces ouø plusieurs
seùcreùtaires provinciaux retraiteùs du Parti et ex gouverneurs assument la
preùsidence des congreøs populaires . Le profil des deùputeùs servant dans le NPC a
changeù aussi depuis 1978: Le nombre de deùputeùs sans parti augmente leùgeørement
entre 1978 et 1993. Le deùputeù moyen eùlu en 1993 est relativement jeune ( 53 ans
d aâge ) et instruit ( 69% sont diploâmeùs des colleøges ) . Fait plus important
: la repreùsentation combineùe par les soldats, paysans et travailleurs - repreùsentant
la base de support du CCP - deùcline de 62% en 1978 aø moins de 30% en 1993. Pendant ce
temps, les intellectuels et les gouvernementaux augmentent de 28% aø 50% dans le
Congreøs , ce qui refleøte le statut rehausseù des professionnels et technocrates sous
Deng .
B - Les reùformes leùgales entreprises
par le reùgime pour preùvenir la reùpeùtition des exceøs de la Reùvolution
Culturelle et poser les fondements leùgaux dune eùconomie de marcheù sont un
autre deùveloppement significatif .Entre 1978 et 1994, le NPC passait 175 lois . Quant
aux Congreøs populaires locaux, plus de 3000. Sur les papiers, les lois chinoises
empruntent largement de l Occident doctrines, concepts, proceùdures et terminologie
. Sans eâtre deùcourageùs par la pauvre mise en vigueur de la loi ( seulement la
moitieù des jugements en matieøre commerciale est exeùcuteùs ), les citoyens et gens
d affaires chinois se sont tourneùs plus en plus nombreux vers le systeøme
juridique pour proteùger leur proprieùteù et leurs droits personnels .
Devant les tribunaux chinois , 3 types de
proceøs sont intenteùs communeùment : commerciaux ( litiges contractuels ),
administratifs ( contre le gouvernements , la plupart) et civils . De 1986 aø 1996, les
proceøs commerciaux ont augmenteù de 387% , les plaintes anti- gouvernementales 12,483%
et les affaires civiles 212% . D apreøs un sondage populaire en 1993 , 78%
consideørent que " la proprieùteù priveùe est sacreùe et ne doit pas eâtre
violeùe " et 77% ne sont pas d accord avec l assertion " Dans le
cas d un proceøs mettant en cause un individu et une entiteù collective, le
jugement devrait favoriser cette dernieøre " . 47% opposent tandis que 28%
supportent " la deùtention d une personne par la police pour proteùger la
seùcuriteù publique meâme si la culpabiliteù de cette personne n est pas
deùtermineùe ".
Le CCP ne pourrait pas renverser ce courant de
la leùgaliteù car l application de l arsenal des lois profite aø d
importants groupes - entrepreneurs priveùs, investisseurs eùtrangers et une bourgeoisie
croissante - qui ne manqueraient pas de reùsister pour proteùger leurs inteùreâts . Un
autre facteur favorable est le deùveloppement rapide d un corps d avocats (
31. 000 en 1988, 90.000 en 1995 ) qui deùfendent agressivement les droits de leurs
clients . L autoriteù du CCP est deùfieùe indirectement dans le domaine
leùgislatif. Alors qu une eùlection compeùtitive ou un systeøme aø partis
multiples menace le pouvoir du parti , les reùformes leùgales graduelles ne posent pas
de danger immeùdiat et peuvent meâme servir quelques uns de ses inteùreâts aø court
terme. Mais aø mesure que les institutions leùgales se deùveloppent, le programme de
reùformes limiteùes de Beijing aura la virtualiteù d eùvoluer dun
systeøme leùgal au reøgne du droit ou rule of law .
Pourquoi Beijing continue aø tourner le dos aø
la deùmocratie ?
Avant Deng, le systeøme des geoâles chinoises
ressemble aux gulags de Staline .Entre 1953 et 1975, de 26 aø 39% des prisonniers
eùtaient classifieùs contre- reùvolutionnaires. Le pourcentage de ces contre-
reùvolutionnaires tombait de 13 % in 1980 aø 0.5 % en 1989. Les crimes " contre-
reùvolutionnaires" sont abolis leùgalement l an dernier.D apreøs
les chiffres officiels , aø partir de 1997 il y a 2.026 prisonniers incarceùreùs pour
" crimes mettant en danger la seùcuriteù nationale " , repreùsentant
0.46 % de la population peùnitentiaire . Sous Deng, le CCP changeait sa tactique en
eùvitant dutiliser la "reùpression en masse " pour recourir aø la
"reùpression seùlective " concentreùe sur les individus.
Malgreù les progreøs dans la restauration des
normes appliqueùes aø la classe des dirigeants et l eùtablissement des
institutions leùgales , les leaders chinois ont jusquici reùsisteù reùsolument
aux reùformes deùmocratiques par peur pour leurs propres positions mais aussi parce
quils sont conscients de la faiblesse du Parti et de la fragiliteù du reùgime .Le
pouvoir et les roâles des diffeùrentes branches de l Eùtat restent mal deùfinis
et les institutions politiques assigneùes aø reùsoudre les conflits demeurent
inadeùquates ou inexistantes . Ouvrir la porte aø la participation deùmocratique aø la
masse populaire dans ces conditions est inviter le chaos. Il est de commune croyance que
l erreur fatale de Mikhail Gorbatchev est de commencer par la reùforme politique
avant de changer l eùconomie . Cette interpreùtation de l effondrement
sovieùtique manque le point le plus important : la strateùgie gorbatcheùvienne eùchoue
parce qu elle ouvre la politique aø la participation deùmocratique avant de
consolider les reùformes constitutionnelles destineùes aø eùtablir les institutions
reùgissant cette participation . Les reùformes deùmocratiques avaient donc laâcheù
des forces politiques qui renversaient le reùgime en place . Les dirigeants chinois
redoutent un deùbaâcle aø la sovieùtique sils entreprennent lesdites reùformes
avant de revigorer les institutions constitutionnelles actuelles .
Le deùclin de CCP sur le plan organisationnel
saute aux yeux . Ce parti - le plus large du monde avec 58 millions de membres organiseùs
en 3,4 millions de cellules ( d apreøs les statistiques de 1997 ) - est
traumatiseù par les cicatrices encore saignantes de Tiananmen qui lont forceù aø
reùeùvaluer l heùritage de Deng. La socieùteù qu il gouverne est
radicalement diffeùrente de celle aø la fin de la Reùvolution culturelle : moins
deùpendante de l Eùtat et du Parti , plus ouverte aux valeurs nouvelles, et moins
sensible aux appels ideùologiques traditionnels . D autre part, les reùformes de
l eùconomie de marcheù ont commenceù aø eùroder l organisation du CCP
dans les divers secteurs eùconomiques . En 1994, dans les 35% des ateliers des
entreprises eùtatiques on ne trouvait pas un seul membre marxiste. Le Parti est incapable
d eùtablir une preùsence significative dans le secteur priveù qui eùmerge. Une
inspection en 1994 de 3.092 compagnies semi- eùtatiques ou entieørement eùtrangeøres
dans 34 zoânes de deùveloppement eùconomique montre que le CCP est parvenu aø monter
des cellules seulement dans 704 de ces compagnies. La crise la plus seùrieuse pour le CCP
est la deùcomposition de son organisation rurale . Le deùmanteølement des communes
populaires de 1980 aø 1982 inflige un coup dur au CCP dans les campagnes . Sur papier, le
Parti a 26 millions de membres dans 900.000 cellules rurales. En reùaliteù, 8% des
cellules de village ne peuvent pas fonctionner ou se sont effondreùes et 60% sont
meùdiocres . La nouvelle mobiliteù des travailleurs et le nouveau marcheù du travail
ont contribueù aø ce deùclin . Le budget eùtroit empeâche le CCP d allouer plus
de ressources aø son infrastructure rurale, ce qui rend les carrieøres aø l
inteùrieur du Parti moins seùduisantes. Aujourd hui un chef de village communiste
est payeù 1.000 yuans , environ 120 US $ lan . Les jeunes quittent les villages
pour travailler dans les citeùs.Ceux qui restent sont plus aâgeùs, pauvrement instruits
et sans grande connaissance de l eùconomie de marcheù . D apreøs les
statistiques de 1995 , seulement 12% des chefs de village communistes sont au dessous de
35 ans et la moitieù des membres du parti dans les reùgions rurales est illettreùe .
Cette situation pitoyable du CCP est la source de tension dans les campagnes ouø dominent
corruption et gangsteùrisme . Les paysans reùvolteùs du Guizhou et du Sichuan ont
incendieù les maisons des autoriteùs locales. AØ la longue, le CCP perd le support
rural , ce qui rendra difficile la taâche gouvernementale de conduire les reùformes
deùmocratiques .
Qu en est il du Vieät Nam ?
AØ cause de leur
manque d imagination novatrice et de vision politique , les dirigeants de Haønoâi
se sont tourneùs depuis 1975 vers Beijing pour
trouver une solution aø leur impasse ideùologique et eùconomique. La guerre fratricide
sino- viet de 1979 n a pas effaceù leur admiration pour le grand freøre voisin.
L autre raison est que ces deux pays communistes souffrent des maux communs , le
Vieät Nam aø un plus grave degreù , vu sa grave division inteùrieure et le manque de
leaders du calibre de Deng, Jiang et Zhu Rongji. La corruption, l esprit partisan et
reùgionaliste, un systeøme d eùducation deùsastreux, un environnement
deùlabreù
mettent le parti communiste vieät sur le bord de la faillite .
Plus qu en Chine, la paysannerie
vietnamienne commence aø s agiter du Nord au Sud du pays .Dans plusieurs reùgions,
les gens descendent dans les rues , reùsistent aux forces de l ordre et manifestent
ouvertement contre les taxes locales et les malversations des cadres communistes. Les
campagnes risquent de se transformer en cimetieøre du marxisme . Sous l influence
du choâmage, de la prostitution et aø cause du fosseù grandissant entre riches et
pauvres, la population des villes - travailleurs, intellectuels et eùtudiants - bouge
aussi .Les religions et sectes protestent contre la perseùcution et l oppression.
Un fait en particulier frappe l attention des observateurs internationaux : le ton
de plus en plus agressif des dissidents en dehors comme au dedans du Parti .
La pression la plus forte vient des
investisseurs eùtrangers qui s impatientent devant la lenteur des reùformes
eùconomiques gouvernementales et la deùteùrioration financieøre du Vieät Nam au
milieu de la crise asiatique. Les capitaux investis ont chuteù de 40% , la piastre est
deùvalueùe au moins de 10%, les exportations et le tourisme baissent tragiquement et les
6000 socieùteùs eùtatiques lourdement deùficitaires fonctionnent toujours cahin- caha
malgreù les admonestations de de la Banque mondiale et du Fonds moneùtaire
international. Pour parer aø cette situation urgente , Hanoi a pris deux deùcisions
effarantes, pour le moins mal aø propos : nommer Nguyeãn Tieán Duõng, Vice Premier et
chef de la seùcuriteù, comme gouverneur de la Banque nationale malgreù son peu d
expeùrience en matieøre eùconomique et d autre part, deùcreùter comme
obligatoire l eùtude du marxisme et de la penseùe de Hoà.
********
La survie d un reùgime deùpend du
support populaire et non pas des calculations des gens au pouvoir.L Indoneùsie, la
Malaise , la Coreùe du Nord et la Birmanie en fournissent les exemples . Laø ouø la
liberteù est absente, reøgne la tyrannie. Le bonheur et la prospeùriteù ne peuvent pas
fleurir dans la servitude . Le marxisme n apporte que l esclavage et eùtouffe
linspiration.
Dans le monde d aujourd hui reùduit
par l eùlectronique et l informatique aux dimensions d un village, la
solidariteù lie les nations et les divers secteurs des activiteùs humaines subissent
l influence de la globalisation . Sous la pression venant de plusieurs coâteùs,
inteùrieur comme exteùrieur, la Chine et le Vieät Nam - bon greù mal greù - ne
pourront pas esquiver la deùmocratisation qui arrivera plus toât que ne le pensent leurs
dirigeants . Intervieweù en effet, par la presse eùtrangeøre sur l eùcheùance
probable de la deùmocratie en Chine, Jiang Zemin deùclareù: " dans l
espace de quinze ans" .Et Leâ Khaõ Phieâu, pour le Vieät Nam, de confirmer le
meâme deùlai, quelque temps apreøs. Mais le peuple , chinois comme vietnamien , n
attendra pas aussi longtemps .
REÙFEÙRENCES:
i "Is China democratizing ? "
par Minxin Pei dans la revue Foreign Affairs , Jan/ Feb. 1998, pages 68- 82
ii Gorbatchevs first year " par Thane Gustafson et Dawn Mann
dans la revue Problems of Communism, May/ June 1986, page 4
iii "Chinas Social Development
Report" de Lu Xuyeyi & Li Peilin, EDS Feb.1997 |
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